TOUT SUR LE THEATRE GREC – (ou presque…)

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TOUT SUR LE THEATRE GREC – (presque…)

« Le théâtre »

Ces lieux cultes étaient à l’origine des lieux de culte . Ils s’intègrent si remarquablement dans la nature environnante, ce n’est pas un hasard. Un lieu devient sacré lorsqu’il s’y produit une révélation. Alors il est pendant un moment le centre du monde, dépositaire d’un ensemble de lois et de règles qui structurent et justifient rien moins que la condition humaine. lâ progressivement prennent corps la codification de l’espace et du temps, la représentation, le théâtre, la tragédie, Eschyle, Sophocle, Euripide, et partant tout un pan de la littérature et de la pensée. Là se fonde le mythe de l’homme.

Il y a 12 000 ans… Préhistoire :
Le climat se réchauffe sur notre terre et fait émerger des cavernes des nomades, vivant de la chasse. Cérémonies magiques des chasseurs préhistoriques, visage masqué, que certains considèrent comme un premier « signe de théâtre ». 2 000 ans plus tard… L’homme devient cultivateur, les femmes font de l’élevage… Sédentarisation des hordes de nomades et féminisation de la société. Le culte dominant est celui de la Terre Mère puisqu’elle fournit la nourriture de survie. Les cultes et la mythologie sont orientés vers la féminité. Des grandes fêtes de printemps voit le jour pour exorciser la peur de ne pas retrouver, après l’hiver, cette saison bienfaisante pour les cultures.

Il y a 3 000 ans… métaux, invasions, guerriers :
Age des métaux, très convoités. La société matriarcale laisse la place aux hommes, aux guerriers. Vagues successives d’invasions indo-européennes. Il faut régénérer physiquement et moralement les troupes. C’est un dieu mâle qui apparaît, celui du Printemps et du Vin, Dionysos, joyeux, excessif et ami des hommes.
En Occident, le théâtre trouve sans doute son origine en Grèce, où les représentations dramatiques apparaissent dans le culte de Dionysos qui regroupe alors la population dans un chaos tournoyant.

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La tragédie grecque – une célébration publique :
Elles étaient représentées dans le cadre de concours dramatiques en l’honneur de Dionysos, reconnu par les Grecs comme le dieu du théâtre : à l’origine, le mot tragédie désigne le  » chant du bouc  » que l’on sacrifiait au dieu. Trois grandes fêtes étaient organisées : les Lénéennes, les Dionysies rurales et les Dionysies urbaines ou  » Grandes Dionysies « . Chacune correspondait à un type de célébration particulier, mais c’est surtout la dernière qui était de grande envergure et où la tragédie avait une part privilégiée. Elle participa à la renommée d’Athènes dans le monde grec.

Les Grandes dionysies, voulues par Pisistrate, se déroulaient sur plusieurs jours et avaient lieu à la fin du mois de mars, c’est-à-dire à une période de renouveau de la nature et où Athènes voyait aussi revenir les voyageurs. Elles s’ouvraient, le premier jour, sur une grande procession solennelle en l’honneur de  » Dionysos « . Toute la cité y participait, jusqu’aux prisonniers, qui étaient relâchés sous caution ! Durant les deuxièmes et troisième jours, un concours de dithyrambes (poèmes lyriques à la louange de Dionysos) était organisé entre les chœurs d’hommes et de jeunes garçons des dix tribus de la cité. Enfin, au cours des quatre derniers jours,  un concours dramatique avait lieu, se divisant en trois jours consacrés à la tragédie, suivis d’un dernier consacré à la comédie.

Les représentation dramatiques avaient lieu lors des fêtes dionysiaques ; pour quelle raison ?
Il semble que le théâtre grec soit issu du dithyrambe, sorte de choeur tumultueux, de poème lyriques, de chants passionnés, enthousiastes, accompagnés de danses rapides en l’honneur de Dionysos. Ces chants célébraient les aventures, tristes ou gaies, du dieu ; les membres du choeur (les choreutes), à la tête desquels était un coryphée, habillés en satyres, prenaient part à sa joie et sa douleur. La tragédie comporta un choeur de douze, puis de quinze choreutes ; la comédie en comportait vingt-quatre. Au choeur on ajouta un acteur, puis un deuxième, enfin un troisième (protagoniste – deutéragoniste – tritagoniste). Au fil du temps et de l’évolution du théâtre, l’élément lyrique (chants du choeur) diminua au profit du dialogue.550 av JC : Antiquité …Théâtre Grec :
L’étymologie du mot fonde le théâtre sur le  » regard  » (theatron, du verbe grec theomai, « voir »). Le Théâtre est le « lieu d’où l’on voit ». Cette expression renferme un double sens : voir : le peuple vient voir gratuitement des spectacles ; avoir des visions : le spectateur doit être inspiré par le culte. Il reçoit également un enseignement civique, celui des autorités d’Athènes qui se servent de ce moyen de communication pour gérer la cité. (N’oublions pas que les Grecs ont inventé la philosophie et la démocratie.) Les comédiens bénévoles jouent notamment des tragédies (qui traitent des problèmes graves et insolubles, de l’histoire des dieux et des familles royales), des comédies (parodiant la société) et des satyres (alternance de récit déclamé et de commentaire chanté).

– La tragédie. Faisant jouer trois acteurs face à un chœur, la tragédie évoque la destinée de l’homme et sa confrontation avec les Dieux. C’est à Athènes et lors du siècle suivant qu’elle va devenir le genre littéraire majeur, l’aspect politique prenant peu à peu le dessus sur le caractère religieux. Eschyle, Sophocle et Euripide en seront les principaux représentants au Vème siècle avant J.C.

Certaines situations se retrouvent dans la plupart des tragédies. Ce sont ce que l’on appelle des  » scènes typiques « , qui sont au nombre de trois :

  • la supplication : elle consiste en une prière adressée à une divinité ou d’une personne à une autre. Elle peut ne constituer qu’un élément d’une tragédie ou en être l’intrigue.
  • la reconnaissance : ce type de scène a été définie par Aristote dans sa Poétique : c’est, selon lui,  » le renversement qui fait passer de l’ignorance à la connaissance, révélant l’alliance ou l’hostilité entre ceux qui sont désignés pour le bonheur ou le malheur « . C’est donc en quelque sorte un revirement de situation où la révélation- coup de théâtre concerne l’identité d’un personnage.
  • le récit de messager : le messager est un lien entre le monde extérieur et le monde où a lieu la tragédie. Il fait un récit de ce qu’il a vu et ce qu’il dit a valeur de vérité. Sa parole a une dimension épique, de part l’exagération, l’emploi de métaphores et d’antithèses : son intervention est un moment fort de le pièce.

– La comédie qui représente surtout les conflits familiaux. Elle se caractérise par des intrigues ayant toujours trait à la vie de la cité. Dans Les Acharniens, La Paix ou Lysistrata, Aristophane prend parti pour la paix pour mettre fin à la guerre du Péloponnèse ; dans Les Guêpes, il dénonce les effets pervers des institutions judiciaires athéniennes. On évoque (souvent pour les brocarder) des personnalités contemporaines, qui peuvent même apparaître sur scène. Ainsi, le démagogue Cléon est ridiculisé à longueur de pièce par Aristophane (dans Les Babyloniens, Les Cavaliers, etc.) tandis que Socrate apparaît en personne dans Les Nuées.
Elle se compose canoniquement comme suit :

  • prologue où le héros est présenté ;
  • entrée en fanfare du chœur, qui chante et danse ;
  • au sens propre lutte : c’est un combat de gueule, un affrontement burlesque entre le héros et son ou ses adversaires, arbitrée par le coryphée (chef du chœur), qui s’achève par le triomphe du héros ;
  • intermède où le coryphée, rompant l’illusion théâtrale, s’adresse aux spectateurs pour délivrer un discours de politique générale ou plus prosaïquement faire la publicité de l’auteur, souvent aux dépens des concurrents :
  • divers épisodes où le héros célèbre sa victoire ;
  • sortie du chœur et triomphe du héros, dans une farandole endiablée.

L’inventivité de l’auteur prime avant tout, et le public, à l’origine fait de paysans et vignerons réunis pour les Dionysies rurales, ne fait guère le délicat : plaisanteries obscènes ou scatologiques, caricatures grossières, accessoires phalliques, tout lui est bon. L’illusion comique reste faible, les protagonistes faisant souvent ouvertement allusion aux divers « trucs » de théâtre : Trygée, héros de La Paix, volant vers l’Olympe monté sur un bousier, supplie le machiniste manœuvrant la grue de faire attention. Dicéopolis, héros des Acharniens, suggère à Euripide d’emprunter l’eccyclème pour apparaître sans sortir de chez lui : cette sorte de plateau horizontal, demi-circulaire et mobile, tournant autour d’un pivot vertical dans le mur du fond du théâtre, était destiné à montrer ce qui se passait à l’intérieur d’une maison.

Les acteurs portaient un costume et un masque, même si ce n’est pas un masque de tragédie, mais de comédie. Ce dernier, en cachant le visage, permettait les changements de rôle ainsi que l’identification rapide des personnages. Le costume était constitué d’une robe à manches longues, qui descendait jusqu’aux pieds et était richement brodée et décorée. Les acteurs portaient des sandales ( à ne pas confondre avec les cothurnes, ces chaussures à hautes semelles destinées à grandir les acteurs, mais qui n’existaient pas au cinquième siècle).

Le déroulement de l’action n’est pas très réaliste car la machinerie est très rudimentaire. Cependant un certain nombre de dispositifs mécaniques concouraient à l’intelligence de la pièce : l’encyclème, qui amenait sur la scène des personnages censés être à l’intérieur de la maison ; une machine (mèkanè – machina en latin) mise en mouvement par une poulie et une corde , permettait à un personnage de monter au ciel (cf. Médée) ou à un dieu d’apparaître pour réciter une tirade (d’où l’expression « deus ex machina » qui signifie l’intervention soudaine d’un dieu dans l’action) ; le bronteion, baril plein de pierres qui roulaient sur une feuille de métal pour imiter le bruit du tonnerre, etc.

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Le théâtre a un enjeu moral. A la fin de la pièce, le conflit est réglé, le spectateur peut tirer une leçon de la pièce qu’il vient de voir.

Le lieu du spectacle

Le théâtre, en Grèce, n’a aucun rapport avec le théâtre moderne; c’est un édifice à ciel ouvert; les représentations ne sont donc possibles qu’en plein jour et quand le temps le permet. Le théâtre comprend en son centre l’orchestra dont la forme circulaire rappelle le cercle que formait la foule autour des danseurs du dithyrambe; au centre de l’orchestra se trouve l’autel en l’honneur de Dionysos (la thymèlè); l’ensemble des gradins (théatron ou koïlon) est installé au creux d’une colline ; ils sont disposés en hémicycle, divisés en paliers horizontaux et comportant des escaliers; aux premiers rangs, des sièges d’honneur. Face au théatron, dont il est séparé par des passages à ciel ouvert (les parodoî) se dresse le bâtiment de la scène (skènè), baraque où les acteurs changeaient de costume, puisque plusieurs rôles étaient joués par un même acteur; ce bâtiment était précédé par une estrade légèrement surélevée par rapport à l’orchestra; sur la façade de la skènè on déplace des panneaux mobiles représentant une façade de maison, de palais etc.

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L’Organisation

Les premières représentations de tragédies eurent lieu sur l’Agora d’Athènes, c’est-à-dire le lieu de rencontre des citoyens. Au Vème s:

Le theatron, signifiant  » lieu d’où l’on regarde  » était la partie réservée au public. Il était formé de gradins de bois et de pierre étagés sur les pentes de la colline, d’escaliers et de passages transversaux. Malheureusement, ce qu’il en reste à l’heure actuelle n’est pas vraiment représentatif de l’ampleur que prenait les spectacles puisque la pierre utilisée a souvent été reprise pour les constructions médiévales.

L’orchestra, au milieu, regroupait les acteurs et les choreutes (personnes formant le chœur). C’était une aire circulaire en terre battue au centre de laquelle se trouvait l’autel de Dionysos.

Derrière l’orchestra se trouvait la skénè : au départ, c’est une baraque en bois où les acteurs peuvent se changer. Plus tard, elle fera partie intégrante de l’action et sera même un élément du décor. Cependant, contrairement à notre théâtre contemporain, le théâtre grec ne fait preuve d’aucune recherche de réalisme. Le décor est simple et schématique : c’est au spectateur qu’il revient d’imaginer ce qu’il ne voit pas mais que la tragédie décrit.

De part et d’autre de la skénè, deux parodos permettaient d’accéder à la fois au theatron et à l’orchestra. C’était des sortes de rampes d’accès. Celle située à droite était orientée en direction du Pirée et de l’Agora, correspondant au port et à la place publique. L’entrée par la gauche désignait quant à elle la campagne. Il est donc important de voir que la skénè peut symboliser un lieu de rencontre géographique dans la tragédie : par exemple les acteurs venant de la droite représentent des personnages de la cité tandis que ceux venant de la gauche viennent de l’étranger et peuvent être par exemple des ennemis. Mais cette rencontre est multiple, puisqu’elle se fait aussi entre les acteurs et le public.

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Les trois grands auteurs tragiques au cinquième siècle :

ESCHYLE

  • Les pièces d’Eschyle sont marquées par la présence constante des dieux. Ce sont d’eux que dépendent la vie des hommes : c’est le fatum antique, ou le destin auquel nul mortel ne peut échapper, jouet de la volonté divine ; dès lors, la grandeur et la majesté imprègnent les tragédies d’Eschyle.
  • De plus, on parle souvent à propos d’Eschyle de  » trilogies liées  » : une trilogie est un ensemble de trois tragédies. Elle est dite  » liée  » lorsqueles trois tragédies portent sur un même thème. Cela s’explique par le fait que les personnages du tragique grec s’inscrivent dans toute une histoire familiale.
  • Ce que montre Eschyle, dès lors, c’est le destin d’une famille du même sang et son évolution progressive vers un ordre. Par contre, l’action reste en général plutôt statique.

SOPHOCLE

  • Chez Sophocle, tout d’abord, les dialogues ont une grande importance : c’est d’ailleurs avec eux que l’auteur commence un grand nombre de ses tragédies. Ceci est lié au fait que le personnage tragique se construit en différence ou en opposition par rapport à ses interlocuteurs : il est une figure d’exception.
  • S’ensuit donc une autre caractéristique : la solitude du héros tragique, isolé dans un univers hostile. Son personnage suffit à concentrer tout le tragique de la pièce. Ce dernier est renforcé par la force de caractère du héros, qui n’est orienté que vers la réalisation de son entreprise.
  • Découle enfin de cette solitude le fait que le héros reste sans pouvoir agir face aux événements qu’il subit dès lors malgré lui. Les dieux ne sont pas compris des personnages ;
  • Contrairement à Eschyle, Sophocle ne construit pas de tragédie liée : l’histoire tragique du héros ne s’inscrit pas dans celle d’une lignée, dans la mesure où ce dernier n’est responsable que de lui-même.

EURIPIDE

  • Son œuvre se caractérise par son innovation : les comportements humains et les situations sont représentés avec plus de réalisme.
  • De fait, les personnages abandonnent la grandeur qui les caractérisait chez Eschyle : ce sont des êtres humains avec leurs faiblesses, leurs peurs, leurs lâchetés, en dépit de leur haut rang.
  • Les dieux s’éloignent de l’univers des humains car ils ne sont plus un appui. Eux-mêmes connaissent des rivalités et des disputes, et leur image se rapproche de celle des hommes.
  • Enfin, une véritable intrigue est créée. Elle supporte désormais toute l’action de la pièce.

Voici un tableau récapitulatif des œuvres célèbres des trois auteurs, classées en fonction des quatre principaux cycles légendaires dont les tragédies sont pour l’essentiel issus :

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Pour conclure

La tragédie grecque a marqué le théâtre jusqu’à nos jours, où certains auteurs reprennent encore la structure du chœur, comme Genet, ou l’usage du tragique pour l’appliquer à leurs personnages. Cependant, pour bien comprendre son fonctionnement, il est important de le remettre dans son contexte politique et religieux : le théâtre athénien est un acte civique très important dans la vie des citoyens, comme le révèlent de nombreux vases où sont peintes des représentations. Enfin, c’est dans ce contexte que naît la notion de tragique : la fatalité à laquelle est soumise le personnage le pousse à accomplir un défi et à se surpasser. C’est ce qui lui donne sa condition de héros. Et si le tragique subira une longue évolution, c’est très souvent par rapport à ses origines grecques qu’il se définit. Il faut donc voir dans le théâtre antique un grand moment fondateur de notre littérature.

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SOURCE :

http://www.atatheatre.com/Historique.htm
http://theatre.passion.monsite-orange.fr/page3/index.html
http://www.clioetcalliope.com/antique/tragedie/tragedie.htm
http://www.antiquite.ac-versailles.fr/jeuxgrec/jdgr5.htm
http://fr.wikipedia.org/wiki/Architecture_du_th%C3%A9%C3%A2tre_grec_antique
http://www.histoiredesarts.culture.fr/reperes/theatre
http://www.linternaute.com/histoire/categorie/33/a/1/1/histoire_du_theatre.shtml
http://www.aveyron-culture.com/download/Petite_chronologie_historique_09___partie_2.pdf
http://www.universalis.fr/encyclopedie/comedie/1-la-comedie-antique

Florent G.

 



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