Photographie avec éclairage, les bases pour bien commencer – Tutoriel

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Photographie avec éclairage, les bases pour bien commencer – Tutoriel

Pierre Cimburek, photographe professionnel belge, explique sur son site comment utiliser l’éclairage dans la photographie. Tutoriel intéressant, que nous vous conseillons de lire!

« Lorsque j’ai commencé à utiliser du matériel d’éclairage, les articles sur le web étaient encore relativement rares. Les posts que je pouvais trouver concernaient, pour la plupart, la manière de post-traiter ses images. Mais cette étape est l’une des dernières dans la chaine de production. J’ai donc passé pas mal de temps à tester mon matériel, à essayer de comprendre de quelle manière la lumière se propage et de quelle manière l’appareil photo la capture. C’est en m’informant et en expérimentant que j’ai pu dégager ce qui était important de ce qui l’était moins, de définir ce qui est essentiel tout au long du processus de création. Ce sont ces choses que je partage lors de mes ateliers, parce qu’avant même de « développer » une image, il faut être à même de pouvoir la capturer. Dans cette article, je ne vais pas m’attarder sur le type de matériel que j’utilise (que vous pouvez consulter ici), je vais plutôt passer en revue ce qui me semble être important et les bases qui vous permettront de favoriser votre créativité et prendre des photos techniquement correctes.

 – Paramètres boitier:

Connaître son appareil photo et ses fonctions est indispensable. Il est important d’apprendre à l’utiliser correctement et pouvoir en modifier ses paramètres rapidement. Le manuel de votre appareil reste le meilleur moyen de comprendre son fonctionnement, lisez-le jusqu’à en connaître le moindre menu. Mêlé à la pratique, il permet d’acquérir rapidement des automatismes!

– Les bases de l’exposition avec flash:

  • La sensibilité (ISO). Je commence toujours avec la sensibilité ISO réglée au minimum (100 ou 200 suivant le boîtier). Je ne l’augmente que lorsque je manque de lumière ambiante pour exposer ma scène dans le cadre d’une séance en extérieur, par exemple. C’est parce que plus la sensibilité ISO est élevée (ex. iso 1600), plus la qualité de l’image peut être altérée par la monté du bruit numérique (perte de détails, diminution de contraste). Surtout dans les zones sombres où elle peut rapidement dégrader l’image. Bien que les nouveaux appareils permettent de monter très haut, je préfère éviter de les augmenter afin de conserver une image propre. Gardez toujours à l’esprit que vous pouvez être amené à devoir livrer un agrandissement de votre image et ce qui est à peine visible sur l’écran (comme le bruit numérique) peut nuire à votre photo lors de son tirage.
  • La vitesse d’obturation. Les réglages de base lors d’une prise de vue en studio est 1/125s. ou 1/200s. Pour une prise de vue en extérieur, utilisez la vitesse pour exposer votre scène. Ne descendez jamais en dessous de 1/80s à main levée. Vous éviterez ainsi le risque de flou de bougé. Veillez également à ne pas dépasser la vitesse synchro de votre appareil (1/125s. – 1/200s. – 1/250s. selon votre boitier). Au-delà de cette vitesse de synchronisation, l’image sera partiellement noire, car le second rideau se ferme alors que le premier n’a pas encore fini son action : l’obturateur n’est en fait que partiellement ouvert. C’est ce que l’on appelle “l’effet d’obturateurs à rideaux” et cela n’est pas toujours perceptible sur l’écran LCD de l’appareil. Evitez que ce genre d’erreur ne ruine votre séance!
  • L’ouverture. Elle détermine la profondeur de champ, il s’agit donc d’un choix artistique. Si vous aimez les photos avec de beaux flous en arrière et avant-plan, utilisez une grande ouverture (ex. f/2.8). Si par contre vous aimez les images claquantes et bien nettes sur toute la profondeur, utilisez une petite ouverture (ex. f/8.0 ou plus). L’ouverture influe également sur la manière dont l’appareil va capturer la lumière provenant du flash. Une grande ouverture donne un rendu plus “scintillant” sur la peau alors qu’une petite ouverture produit un rendu plus “matifié”. Il est important de noter que plus vous utilisez une petite ouverture (grande valeur f/x), plus vous aurez besoin de puissance de feu flash.

– La configuration boitier:

  • La balance des blancs. Je règle toujours manuellement la balance des blancs directement sur mon appareil afin de la faire correspondre à la température produite par mes flashs. Je la règle toujours autour de 5000k ce qui me permet de garder une couleur de peau correcte sur l’ensemble de ma séance. L’utilisation de la balance des blancs automatique peut sembler pratique et fonctionner correctement, mais elle ajoute aussi plus de travail en post-production en raison des variations de lumières et de couleur sur une même séance. Or, avec un réglage effectué manuellement, vous aurez une température d’image cohérente sur l’ensemble de vos fichiers. Alors bien sur, si vous photographiez en RAW cela n’est pas obligatoire mais c’est un moyen simple de gagner du temps en post-production et d’éviter une manipulation supplémentaire sur le fichier.
  • Le format de fichier. La gamme dynamique d’une image est importante pour la capture de photos numériques. C’est le rapport de la tonalité lumineuse à la plus foncée que peut enregistrer votre appareil. Je choisis toujours le format RAW car il permet de capturer un maximum de lumière et d’informations de couleur. Il offre également un meilleur contrôle en post-production et permet de conserver une marge de manoeuvre en cas d’erreur et/ou de mauvais réglages sur votre boitier lors de la prise de vue. Il donne par exemple la possibilité de modifier l’exposition sans pour autant dégrader de manière irrémédiable votre image. Il rend également possible de tirer plusieurs expositions d’un même fichier afin d’élargir la plage dynamique d’une photo ou modifier la balance de blanc sans perte. Cependant les fichier Raw occupe une taille plus importante sur la carte mémoire et le disque dur et nécessite plus de ressources informatiques durant leurs développements.
  • Le profil colorimétrique. Le réglage du profil couleur sur le boitier n’est pas indispensable si vous avez sélectionné le format RAW comme type de fichier. Cependant il peut être utile de le configurer si vous utilisez des logiciels comme DPP ou Capture NX (suivant la marque de votre boitier) afin qu’il soit directement interprété par le logiciel ou encore avec des applications tels que PhotoMechanic qui utilise le jpeg contenu dans le RAW pour afficher rapidement les images lors de la sélection. J’utilise le profil Adobe RGB 98 qui pour moi, est le plus adapté et que j’utilise tout au long du processus de développement de mes images.
  • La luminosité de l’écran. L’une des erreurs les plus fréquentes est d’augmenter la luminosité de son écran afin que les images sur l’appareil soient plus flatteuses ou encore de le régler sur AUTO. Je préfère la régler manuellement afin d’être sur de ne pas tirer des images sur-ou sous-exposées. Vous pouvez bien sur visualiser l’histogramme, mais je préfère regarder également les images sur l’écran afin d’être sur que le résultat se rapproche de celui souhaité. Il est important de toujours vérifier ses réglages, car dans le cas d’une séance en extérieur il peut être nécessaire d’augmenter la luminosité de l’écran. Si la prochaine séance se déroule dans des conditions différentes, l’ensemble de vos images risque d’être sous-exposé. Cela signifierait de devoir corriger l’exposition en post-production, entrainant le risque de perdre des détails dans les ombres.
  • L’alerte surex. Afin d’éviter toutes lumières brulées sur vos images, il est important d’activer l’alerte surex si cette option est présente sur votre boitier. Il est un moyen de contrôle rapide qui peut être d’une aide précieuse pour vous permettre d’ajuster la puissance des flashs. Lorsque je désire travailler avec une lumière dure, je peux diminuer la puissance de ma lumière jusqu’à ce que les zones écrêtées cessent de clignoter à l’écran. Vous pouvez bien sur contrôler vos images via l’histogramme mais cela n’est pas aussi rapide que de le voir directement sur l’image. Attention, l’affichage à l’écran, et l’alerte surex qui en découle, dépend des réglages de traitement d’image dans l’appareil (picture styles). Ce qui est affiché et ce qui est surexposé ne correspond pas forcément à ce que le fichier RAW a enregistré. Placez vous en « neutre » si vous désirez un rendu plus près du fichier RAW.

– Les objectifs:

Que vous soyez plutôt zooms ou focales fixes, cela n’aura que peu d’influence sur vos images si vous êtes équipés de modèles haut de gamme. Pour ma part, j’ai toujours préféré les focales fixes pour leurs grandes ouvertures et pour leurs meilleurs gestions de la déformation optique. Mais la vrai raison de ce choix est que je considère le fait de zoomer pour réaliser mon cadrage, comme un réglage supplémentaire. Je pense d’ailleurs que beaucoup de photographes n’utilisent leurs zooms qu’à la focale minimum ou maximum (ex. 24mm ou 70mm dans le cas d’un 24–70mm) dans une grande majorité de cas. Un zoom est également souvent plus encombrant/lourd à transporter qu’une focale fixe. Cependant je considère que si vous ne pouvez pas vous permettre l’achat d’un zoom à grande ouverture, l’achat d’une focale fixe 50mm 1.8 vous donnera toujours une meilleure qualité d’image qu’un zoom d’entrée de gamme ou fourni en kit avec votre appareil photo (50mm 1.8 ne coute seulement que 100€). Informez-vous via des sites de tests tel que DPReview afin de tirer le meilleur parti de vos optiques. Un zoom même d’entrée de gamme est plus performant à une telle focale et une telle ouverture plutôt qu’une autre. C’est un moyen simple de vous assurer de produire une image avec un bon piqué, une moindre déformation optique, etc. En quelques mots, un rendu de qualité. AF-Automatique Il y a des tendances qui reviennent régulièrement comme de faire sa mise au point en mode manuel. Ces tendances (comme beaucoup d’autres) n’ont pas vraiment de sens à mes yeux. L’autofocus des appareils actuels sont très performants, je déconseille le passage en mode manuel si ce n’est que dans les rares cas où votre AF patine (comme dans des lieux peu éclairés) afin d’éviter toutes mauvaise surprise lorsque vous consulterez vos images sur l’écran de votre ordinateur. Cependant, il peut être intéressant de prendre le temps de tester la mise au point manuel à grande ouverture pour justement ces situations où votre AF n’arriverait pas à accrocher le sujet de votre séance. En générale, les focales que j’utilise par type de séance sont:

  • De 24mm à 50mm pour les portraits de groupe et d’athlètes
  • De 50mm à 135mm pour les portraits de type classique
  • De 85mm à 135mm pour les portraits de rue

– La lumière artificielle:

Notion de base.

La lumière directe crée des ombres dures. Plus la source de lumière est petite par rapport à la taille du sujet et plus les ombres produites sont nettes et sombres. Il en est de même lorsqu’on éloigne la source du sujet. La lumière diffusée produit des ombres douces. Plus la source de lumière est grande par rapport à la taille du sujet et plus les ombres sont diffuses et entre guillemet lumineuses. Ce sont des fondamentaux nécessitant une bonne compréhension afin d’utiliser au mieux votre matériel d’éclairage car une fois acquis, ils vous permettront de modeler la lumière à votre guise. La meilleur solution pour bien comprendre cette théorie est encore de la tester en condition réelle.

Voir la lumière comme un spray.

La plupart des photographes réfléchissent en terme de contrôle sur les ombres lorsqu’ils utilisent de la lumière artificielle. Je préfère pour ma part réfléchir et me poser la question de ce que je désire éclairer ou mettre en avant en fonction du sujet et de l’utilisation finale de l’image. Je pense que se sont deux approches totalement différentes qui vous permettront ou non de favoriser votre créativité. L’éclairage met l’accent sur les traits du visage et révèle la texture comme celle de la peau. Choisir d’éclairer une partie pour en laisser dans l’ombre d’autres va vous permettre de donner du caractère à votre sujet ou encore de le révéler suivant le contexte dans lequel vous voulez le photographier. L’une des erreurs que je remarque lors de mes ateliers, est le mauvais réflexe qu’ont les participants de placer l’éclairage à hauteur du modèle et d’essayer de contrer les ombres en utilisant une deuxième source, ce qui a souvent pour conséquence de rendre l’éclairage « plat »! C’est à dire uniforme sur tout le visage. Commencez plutôt par monter la source plus haut que votre modèle et inclinez-la dans sa direction! C’est le meilleur moyen de débuter avec le travail du modelé. Voyez la lumière artificielle comme une peinture réalisée à la bombe de peinture. Apprenez à contrôler le spray qui en jaillit pour travailler de manière précise.

Les diffuseurs et modificateurs.

Parapluie, Softbox, bol beauté, réflecteur, etc. sont des moyen de mettre en forme la lumière et de la contrôler. Il est important de comprendre leurs impact ainsi que leur rendu sur le sujet. J’ai longuement testé mon équipement afin de comprendre quand et comment les utiliser. Ce n’est pas la panoplie d’accessoires ou encore votre “Géante Softbox” qui fera de vous un “Master of light”, mais bien la manière dont vous allez les mettre au profit de votre esprit créatif. J’ai ainsi pu définir quel type de matériel utiliser en fonction du genre de séance ou du rendu recherché (voir page “Gear”). Apprenez à maitriser une configuration d’éclairage avant de passer à une autre, il en est de même en ce qui concerne les diffuseurs. Expérimentez, peaufinez votre routine étape par étape. Il y a plusieurs raisons qui me poussent à insister sur ce point. La première, est d’éviter d’investir dans du matériel qui finira au fond d’une armoire parce que vous n’en aviez tout simplement pas besoin. La deuxième, est qu’il est nécessaire de pratiquer et répéter les mêmes schémas pour connaitre les outils qui vous permettront de faire feu en toute circonstance. Pour finir, cela vous permettra de peaufiner votre style afin que votre éclairage devienne la signature qui rendra reconnaissable vos travaux.

– Construire une image et comment y parvenir:

L’utilisation d’éclairage laisse peu de place à l’improvisation surtout en extérieur où les conditions sont variables contrairement à la prise de vue en studio. Il est donc nécessaire de définir le type d’images que vous désirez réaliser. Les images que l’on voit au quotidien sont de bonnes sources d’inspiration. Apprenez à les décomposer et questionnez-vous sur les éléments qui ont permis d’arriver à son résultat. “Refaites” une photo comme l’on refait un match de foot. Analyser le cadrage, les détails, apprenez à lire l’éclairage afin de le reproduire ou de l’améliorer. Préparer un maximum votre séance est pour moi le meilleur moyen d’arriver à un bon résultat. Entourez-vous de gens motivés et compétents! Qu’ils soient assistants, maquilleurs, coiffeurs, etc. Chacun d’eux contribue à la réussite de votre séance. Choisissez de bons sujets, qu’ils soient modèles pro ou non, ils représentent 80% de la réussite de votre image.  Travaillez de manière claire et bien organisée afin de favoriser la création … Un article complet sur la préparation de séance, bientôt ! Composer votre séance en fonction du matériel en votre possession est essentielle pour garantir un bon résultat. Les premières limites auxquelles j’ai été confronté ont été le peu de puissance généré par le seul flash cobra que je possédais. Ce n’est pas pour cela que je me suis privé de faire les photos que j’avais envie de réaliser. J’ai simplement évité les situations dans lesquelles je pouvais y être confronté. La frustration est un frein au processus de création. Prenez le temps d’explorer les possibilités que vous offre votre matériel et vous vous apercevrez vite que les seules limites sont souvent celles que vous vous fixez. Evitez de multiplier les sources inutilement. La majorité de mes images sont réalisées avec une seule source!!! Inutile d’aller éclairer des ombres qu’un diaph sur votre boitier aurait suffit à atténuer. Si vous êtes amenés à en utiliser plusieurs, n’allumez pas toutes vos torches en même temps! J’effectue toujours le réglage de mes sources individuellement (l’une après l’autre). Ne sous estimez jamais la prise de vue en pensant que Photoshop fera des miracles. Il est plus judicieux de commencer par une bonne photo et de la sublimer en post-production, que de commencer avec une mauvaise photo et de la corriger longuement pour la rendre moyenne… Epargnez votre temps! Restez « Maître » de votre séance. Même si j’estime que le client est roi, on m’engage aussi pour ma créativité, je m’efforce donc de combiner au mieux l’art et l’authenticité de mon sujet. Gardez à l’esprit que vous êtes, au final, le seul et unique responsable de l’image que vous vous apprêtez à tirer. Analysez votre séance. Prenez du recul afin de comprendre ce qui a ou non fonctionné. Sollicitez l’avis de votre équipe afin de savoir ce qui pourrait être amélioré. Ne restez jamais sur un échec! Se remettre en question, prendre le temps de trouver des solutions et recommencer sont les meilleurs moyens d’évoluer et d’affiner votre technique. Soyez sélectif dans le choix de vos images. Je remets rarement plus de 5 photos à un modèle (3 me semble plus proche de la réalité). Sollicitez l’avis de quelques photographes ayant un oeil aiguisé et en qui vous pouvez avoir confiance pour analyser vos images en cas de doute. Je veille également à ce que les photos qui circulent sur le net soient des photos dont je suis satisfait du résultat. Pensez que vos photos sont l’image de votre travail et que livrer des images non traitées ou publier des photos uniquement dans le but d’entretenir votre actualité ne sera jamais une bonne pub pour vous. N’autorisez jamais que vos images soient retouchées sans votre accord. Gardez à l’esprit qu’un portfolio de 10 photos de bonne qualité sera toujours plus appréciable que ces mêmes 10 photos noyées au milieu de 40 autres « moyennes ».

– Pour conclure:

J’ai essayé de rassembler dans cet article ce qui me semble essentiel, afin de définir dans les grandes lignes ce qui constitue un bon départ et qui j’espère vous conduira à réaliser de bonnes images. J’espère également qu’il sera une bonne réponse aux questions que les débutants se posent ainsi qu’un bon rappel pour les photographes avertis. Je remercie Yannick von G pour la relecture de cette article. D’autres sujets comme la « préparation d’une séance » ou « le matériel que j’utilise et pourquoi » seront publiées prochainement… Rejoignez-moi. En attendant si vous avez aimé l’article, n’hésitez pas à le partager. »

Source Article
Site officiel de Pierre Cimburek
Page Facebook de Pierre Cimburek

Par Inès N.



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