Tapage Nocturne Interne

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pieds perf

PERFORMANCE réalisée le 2 juillet 2010 dans le cadre du Festival Ribambelle, à Strasbourg

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Que se passe-il dans un cerveau accédant à la folie ? Qui est la voix dans notre tête ? Pourquoi ? Comment ?

. Parcours psychiatrique .

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Jeu

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TEXTE

Je ne peux arrêter de me poser toutes ces questions dans ma tête. Même quand je les esquive, elles reviennent. M’appellent. M’harcèlent. Dans tous les sens. Ca ne veut, ça ne peut s’arrêter. Jamais. Un marteau piqueur me défonce mes vieilles parois altérées de mon organe penseur. Circule en moi jusqu’à me couper le souffle, me détruire, me brûler, me dégommer mon appareil respiratoire et mon horrible système digestif qu’il comprime. Etouffer. Ce sentiment d’étouffer. Un truc qui, sans raison évidente m’étouffe. Je n’ai rien. Je ne suis ni malade dans mon corps, ni malade dans ma tête. Ce truc qui est là, il veut à tout prix me rendre folle. Je n’ai rien. Je ne suis pas folle. Ce truc, là, il est là, je le sens, c’est lui qui me démolie, qui veut me foutre en l’air. Mais il paraît, je dis bien il paraît, qu’il n’existe pas. C’est juste le sentiment humain de se retrouver seul avec soi. J’entends bien toutes ces choses par ma raison, mais foutre la raison. Outre la raison, le ressenti. Ce truc il est là. Ce truc, là, il est bel est bien là. Il veut me rendre folle, il veut me rendre prisonnière de moi même. Il veut que je me détruise moi-même. Il veut que j’en finisse avec moi-même. Oui, je suis seule, avec moi-même. Pourtant, je ne contrôle plus rien. Je suis chose. Je suis une poupée presque inerte se contentant toujours de s’écraser comme une larve agonisante, qui lynche le sol, une poupée, une chose, définie par la lâcheté, l’incapacité, la velléité. Parfois, elle remue le gluant répugnant dégueulasse tragiquement laid et sale de son caractère de poupée et propage sa dimension néfaste sur le monde. Donne-moi une dose. C’est la chose qui me parle. Donne-moi une dose. Je ne sais pas de quoi est constitué cette dose que j’ai besoin, mais il me la faut. Donne-moi une dose. J’ai envi d’une dose, et d’une seconde, et d’une troisième, jusqu’à l’overdose. C’est la chose qui parle. Une dose. La chose veut prendre le contrôle de moi, elle ne veut pas que je me contente de copier la classe dite normale et bien pensante de la populasse. Elle veut une dose. Je pense qu’elle veut m’arracher de ma condition calme et ennuyante d’humain-objet, de terrible simple humain-conditionné. Objet. Poupée. Elle veut que je réagisse, elle veut que j’agisse. Elle veut me faire faire une overdose. Je veux une overdose. Non. Je veux une dose, juste une dose… pour voir.

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Copyright Enora KELLER

Merci à Manu, Sarah, Lydie, Julius, Yéri, Festival Ribambelle etc.



One Comment

  1. admin wrote:

    Enora, une jeune artiste scénique à découvrir !!

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