Entretien avec Colt Silvers

godtreee

 

 

A l’occasion de la sortie de leur EP, je suis allé à la rencontre de Colt Silvers (plus particulièrement Nicolas, le bassiste et Tristan, chanteur et guitariste) pour les passer au crible.

 

Pour commencer une interview je sais pas ce qu’il y a de plus intéressant. Soit un type vous présente, soit on vous demande de vous présenter vous même. D’abord j’aimerais vous demander comment ne préféreriez vous pas qu’on vous présente ?

Nicolas : Y’a un truc un peu chiant mais dont on est fier c’est « le groupe alsacien ». Ca c’est bien dégueu. C’est à dire qu’on est très fiers de représenter l’Alsace, mais dans le monde. On veut vraiment être considéré comme un groupe à part entière. « Le groupe qui nous vient du pays de la choucroute ». C’est encore arrivé la semaine dernière.

Tristan : D’ailleurs on est souvent présentés à Strasbourg comme groupe strasbourgeois, à Colmar comme groupe colmarien… ça montre que cette appellation n’a pas trop de sens.

Vous venez de sortir un single, « Gold Trees Gold ». Je voulais savoir quelle histoire il y avait derrière le single.

Nicolas : « Gold Trees Gold » aurait dû être sur Red Panda. En fait je crois qu’à la base on voulait que Red Panda s’appelle Gold Trees Gold. Y’avait un truc autour de la forêt. On est content de sortir ce morceau et qu’il soit vraiment mis en avant.

embedded by Embedded Video

Tristan : Si tu veux par rapport à Night of the Living Robots, où on avait mis tout ce qu’on pouvait mettre, là on en avait 17 en boîte.

Nicolas : On la voyait vraiment fat sur Red Panda, et limite pièce centrale. Mais on arrivait pas à la faire sonner. On s’est dit qu’on allait la garder de côté. On l’a rebossée récemment.

Tristan : Y’avait beaucoup trop de choses dedans, on l’a remagné, épuré, il y a deux trois mois.

Red Panda était très rempli au niveau des compos, je trouve que celle là détonne un peu

Tristan : En fait c’est un peu le liant entre Red Panda et le prochain.

Vous avez déjà commencé à bosser dessus ?

Tristan : on a plusieurs titres enregistrés et plusieurs en friche. On table sur une sortie en 2015

Nicolas : « Desert Night », la troisième de notre EP, pourrait peut-être se retrouver dessus. On attend les retours, mais elle donne un peu plus la teneur du prochain je pense. On revient un peu à la teuf, au dancefloor. Ce qu’on faisait plus trop depuis « Tears in Rain », qui est la zik qui déclenche toujours un putain de truc.

embedded by Embedded Video

C’est marrant d’avoir choisi d’avoir commencé par un morceau plutôt calme, avec un gros travail sur les voix, les choeurs et les percus, avec une instru plus en sourdine pour annoncer quelque chose de plus tranchant.

Tristan : Disons que je pense qu’on aurait été vraiment extrêmement frustrés de pas sortir celle-ci, qu’elle reste dans les caisses. Comme on disait, ça permet de lier vraiment Red Panda et le futur album. C’est vraiment dans cette optique là qu’on a décidé de la sortir.

Donc vous prévoyez de nous faire danser ?

Nicolas : on a une musique qui s’appelle « The Sound », qu’on a choisi de pas mettre sur l’EP qui doit être le plus dansant qu’on a composé, d’ailleurs tu l’as écouté (vil faquin de moi).

Vous dites assez souvent que vous avez un rapport très proche avec le cinéma dans votre manière de faire votre musique, et c’était vraiment très visible dans Red Panda. Est-ce que revenir à un truc plus dancefloor entre guillemets, est-ce que c’est un moyen de s’en détacher ou vous voulez continuer à bien bosser les atmsophères.

Tristan :  On aura toujours notre façon de faire dedans bien sûr. Dans Red Panda je dois dire qu’on s’est vraiment plus trouvés que sur Night.

Je veux pas vous faire le coup de l’album de la maturité…

Tristan : En tout cas il y aura moins de fracture entre celui là entre le premier et le deuxième

Donc si vous conservez quand même votre méthode, parlons un peu ciné, quels films vous ont donné envie de poursuivre sur cette voie, ou lesquels ont pu vous inspirer ?

Tristan : J’ai surkiffé Her... tout l’aspect contemplatif du film… on travaille d’ailleurs sur une musique qui doit en être pas mal inspiré, au piano, dans le même genre d’univers. J’ai adoré l’esthétique, ça m’a rappelé un Lost in Translation en plus masculin. Finalement c’est un futur assez proche, après ce film tu regardes les gens différemment, mais surtout soi-même. Nous quand on est en tournée, dès qu’on a un moment on est sur notre portable. Il a pas tapé si loin de la réalité, sans espérer que ça aille aussi loin. C’est le dernier film qui m’a vraiment parlé.

Comme tu dis, un futur contemporain, pas de grosse anticipation

Tristan : Dans le même genre que Bienvenue à Gattaca. Tu sais que c’est le futur, mais ça peut arriver l’année prochaine comme dans dix ans, ce qui est plutôt intéressant.

Surtout, Spike Jonze évite de critiquer le monde moderne, et qu’il y a aussi un charme dans cet amour destructeur

Tristan : Voilà pas de morale bidon.

Par votre musique, au delà du fait que vous soyez influencé par le cinéma, est ce que vous vous sentez investi d’un message ? Y’a-t-il des idées, des trucs que vous voulez passer dans votre musique ?

Tristan : On a jamais essayé de porter de messages, dans le sens engagement politique. On pense plutôt la musique en terme de narration, dans l’imaginaire par les paroles et les sons. On veut pas être moralisateur, au contraire.

Comme vous disiez en intro détester être cantonnés à un poste de rockeurs du pays de la choucroute, vous vous situez où par rapport à la scène rock française, et que pensez vous de cette scène actuelle ?

Nicolas : On a dernièrement joué avec pleins de bons groupes français, et on en découvre. A la base on avait du mal à se trouver une place, mais j’ai l’impression que c’est en train de se faire doucement, on commence à être dans le paysage avec notre façon de fonctionner. Il n’y a pas d’équivalent en France qui me vienne en tête directement, mais on a joué avec des groupes vraiment excellents. Einleit c’était vraiment classe, des petits jeunes de Paris, qui ont un univers très froid, limite coldwave mais avec un peu d’ambient, d’électro, des voix hautes perchées, il chante un peu à la James Blake des fois. Sinon y’a aussi Capture avec qui on a joué à Nancy qui font du bon son.

embedded by Embedded Video

Tristan : Y’a un groupe belge que j’ai bien aimé, Pale Grey. Les mecs sont super cools en plus, on s’est  très bien entendus.

embedded by Embedded Video

Et au delà de ça, quels ont été vos coup de cœurs cette année :

Nicolas : Le Bombay Bicycle Club, un putain d’album. C’est pour moi le meilleur qu’ils aient fait. Ils ont essayé de synthétiser tout ce côté qu’on partage avec eux de l’amour des samples, des boucles et des rythmiques électro super répétitives. En compo électro on a souvent un refrain qui va être une phrase répétée, ce qu’on nous a déjà reproché, mais ici c’est cumulé à une énergie rock. L’anti ça ce serait Oasis.

embedded by Embedded Video

Tristan : En plus underground, y’a Clark un truc assez ambient et déstructuré que j’ai découvert récemment. Ou sinon The Flashbulb un truc assez déstructuré, un mélange de musique de film, de dancefloor, un peu dans une ambiance Squarepusher. Niveau pop y’a bizarrement Coldplay qui m’a beaucoup plus

embedded by Embedded Video

J’ai du mal

Tristan : En tout cas ils ont réussi à me toucher.

Nicolas : l’album nous a tous touché. Mais on a du mal avec les trucs stades de Coldplay

Tristan : celle qui passe à la coupe du monde est atroce

Nicolas : Mais ils arrivent souvent à toucher juste et c’est rare qu’on se retrouve sur un morceau mainstream, où on a rien à redire. Y’a une certaine poésie qui me parle.

Et dans ces coups de cœur est ce que vous vous fiez à vous même, votre instinct ou des trucs ont pu vous influencer

Tristan : on s’est jamais fixé sur une base du genre « on voudrait faire comme ça ». On se pose à trois, tiens moi j’ai un riff, un truc que j’avais en tête depuis longtemps. Parfois on crée chacun de notre côté, on se fait une écoute.

Nicolas : on ressort parfois des riffs qui ont quatre ans. Dommage qu’Agnan ne soit pas là mais il a une collection de compos inachevées et de riffs. On tape parfois dedans quand on a une panne et ça nous relance sur autre chose.

J’allais embrayer sur votre manière de composer

Nicolas : C’est de la mise en commun la plupart du temps

Pas de bœuf à la papa ?

Tristan : Si on s’est posés à La Garennes-Colombes dans le 92 pendant deux jours, dans une baraque, un peu comme pour Red Panda dans le Nord de l’Alsace à Oberkutzenhausen. On avait des concerts et des radios donc on n’avait pas forcément la tête qu’à ça mais on a pris pas mal de notre temps pour composer des ziks etc.

Nicolas : Tard le soir, éméchés, des fois y’a des trucs cools qui ressortent. « Desert Night » a été composée là bas. Sur « Stories » on a eu à l’époque une super session, les trois autours d’un clavier Casio de ma sœur avec un son de tuba. Et au final il se retrouve sur l’album, c’est une prise complètement dégueue qu’on a gardée.

Tristan : à ce moment là il s’est vraiment passé un truc. Si on avait pu s’embrasser on l’aurait fait

Ouais, le genre d’expérience épiphanique d’homo érotisme musical que beaucoup de groupes espèren,t d’avoir

Tristan : Ouais c’était vraiment notre moment

embedded by Embedded Video

Vous avez été assez bien mis en avant cette année à la radio. Vous êtes passés sur le Mouv, Oui FM, Virgin etc. Si vous prévoyez la suite pour 2015 vous commencez déjà à teaser pour la suite. Vous vouliez tourner vite la page de Red Panda ou cette rapidité vient du fait que vous étiez mis en avant et donc plus motivés ?

Nicolas : le changement c’est qu’on est tous intermittents, on fait plus que ça. Tu peux te délester de pas mal de contraintes. Pour notre mise en avant on se sent moins sous pression, on avait plus de choses à prouver avant Red Panda, tout vient plus naturellement maintenant.

Tristan : Pas envie de tourner la page mais d’aller de l’avant. Faire aller le groupe de l’avant. Je trouve qu’on avait pris trop de temps entre Night et Red Panda. Notre projet Blade Runner, même si c’était une superbe expérience, ça nous a pris beaucoup de temps. Je pense pas qu’on se lancera dans l’immédiat dans un truc similaire.

embedded by Embedded Video

Ca vous retente pas de faire un projet directement cinématographique ?

Tristan : Pour l’instant on veut surtout faire grandir le groupe.

Nicolas : on a aussi un projet qu’on veut monter et qui prend énormément de temps. On aimerait faire un live avec un orchestre. On était en contact avec l’orchestre de Bâle, et ça se fera peut-être pas pour Red Panda mais pour le prochain. Ça prend vraiment beaucoup de temps à monter. Je pense que ce serait ça l’étape suivante si on voulait faire un projet un peu en dehors, un truc symphonique pour se rapprocher du cinéma mais par notre musique plus directement.

Tristan : Et pour rejoindre un peu Metallica

embedded by Embedded Video

Faire grandir le groupe ? Qu’est ce que tu entends par là, au delà de la visibilité ?

Tristan : Faire exister le groupe en composant des titres, en faire une entité de plus en plus solide.

Pas de compte à rendre, pas d’impératifs qui vous forcent à composer ?

Nicolas : au contraire on nous demande plutôt de prendre notre temps. Je crois qu’on était tous chauds à sortir « The Sound » maintenant mais on nous a suggéré d’attendre. Rien ne presse, Red Panda dure, il est bien utilisé, on tourne encore avec.

J’ai vu que vous alliez en Russie, d’ailleurs Tristan, tu parles Russe à la base ? J’y entrave rien mais ça m’avait l’air pour le moins convaincant !

embedded by Embedded Video

Tristan : (il baragouine en russe) Pour la petite histoire, on a reçu une demande du festival russe. Ils nous ont donné une phrase en phonétique. Je sais pas parler Russe à part les conneries habituelles et basiques. J’ai demandé à la responsable du festival qu’elle m’envoie un audio de la phrase. Et du coup je l’ai bossé, buché pendant deux jours et j’ai répété ça 15 fois devant la caméra et voilà, c’est comme ça que la magie opère.

J’ai vu que vous alliez faire 4 pays en 15 jours , c’est quoi la liste ?

Tristan : Déjà t’as la France, c’est un progrès, surtout à Mulhouse. Ensuite on va en Italie. On va jouer encore en Angleterre pour le Tour de France à Trafalgar Square… et ensuite la Russie.

Vous avez été branché suite à votre récent passage en Angleterre ?

Nicolas : L’organisatrice de cet événement est venue nous voir en concert, elle a adoré, elle pensait déjà à nous mais ça a été confirmé, elle nous fait jouer deux jours de suite etc. On est vraiment pas montés pour rien.

Question clichée : qu’est ce que ces connards de rosebeef ont pensé des petits frenchy qui font du rock ?

Nicolas : Je pense qu’ils ont kiffé jusqu’au coup d’envoi d’Angleterre-Italie. Forcément la passion football a gagné. On a commencé une demie heure avant le match.

Tristan : Ensuite ça a commencé à se vider un peu.

Nicolas : On a senti ce mouvement de masse, de match qui va débuter. On avait encore 15 minutes mais on a un peu écourté le set après l’entame du match.

Pour un groupe français, c’est une consécration d’aller aux UK, c’est la base…

Nicolas : ça a pris après mais après faut les travailler sur la durée, et faut dire qu’ils ont vraiment beaucoup de groupes chez eux

Une serveuse nous interrompt pour nous offrir une promotion sur les shooters de whisky, pour laquelle nous signons tous.

Nicolas : c’est le diable.

Tristan : en tout cas pour revenir au sujet, j’ai pris mon pied déjà aux États Unis, j’avais moins la pression, je me suis plus libéré.

Parlez moi un peu des Etats Unis

Nicolas : Un peu inégal. Ça marchait en plein centre ville de New York, mais moins aux alentours. C’est un peu l’usine aussi, là bas tu l’as leur fait pas. Des groupes de rock ils en ont des milliers, comme en Angleterre

Tristan : Centre ville c’est pas mal quand même

Près de la poste et de l’épicerie

Tristan : Tu voulais dire vers la place de la Mairie ?

Si vous prenez des pays comme le Royaume Uni, les Etats Unis comme tu dis la concurrence est rude. En allant jouer là bas, quelle originalité pouvez vous transmettre ? Qu’est ce qui fait votre singulairté ?

Nicolas : A l’étranger y’a toujours le côté un peu frenchy, le spectre de Phoenix nous poursuit un peu.

Tristan : C’est leur référence dans notre domaine avec Daft Punk aussi.

Nicolas : On nous trouve un côté très généreux qu’on essaye de donner en concert par rapport à une certaine blase dans le milieu du concert rock.

(deuxième interruption pour bien s’assurer de notre choix)

Maintenant je ne sais plus ce que je disais… oui, les gens sont contents de voir notre motivation, et le contraste avec le minimalisme de l’album. « Ah putain en live c’est rock, c’est cool », on essaye d’apporter cette différence.

Tristan : les gens qui écoutent notre album et qui nous voient la première fois sont plutôt surpris de la manière dont on sonne. Mais on a pas la prétention de ramener de patrimoine français. On compose un peu de manière internationale. On joue en Allemagne, on a des influences pas typiquement franco-française. Ça a jamais été très encré en nous.

Vous venez de parcours différent, du métal et de ce genre de trucs d’après ce que j’ai pu lire par ci par là, mais vous avez un consensus d’influences ou chacun des trucs différents. Si je te demande les trois groupes qui t’ont vraiment donné envie de faire la musique, ce serait quoi ?

Tristan : J’adorais les Smashing Pumpkins. J’avais tous leurs albums. Ca m’a vraiment marqué. J’avais maté un tracks de 1997 sur eux.

L’année des Eurocks ?

Tristan : Voilà, là j’ai un peu tout découvert, avec Radiohead. L’autre fracture c’est Daft Punk, en live aux Eurocks encore une fois. J’étais plutôt dans un délire métal et stoner à ce moment là. Et j’ai vu ce truc et je me suis dit… incroyable. On m’a traîné à ce concert, je disais nan c’est bon, j’écoutais ça gamin sur Fun Radio etc, et en sortant du concert j’étais sous le choc. Putain, c’est ça que j’ai envie de faire.

Je crois que ce concert est un peu une référence pour tous les fans de musique, du moins dans l’Est de la France. J’y étais surtout pour Deftonres. Discovery est le premier album que j’ai acheté, donc j’étais content de les voir, sans pour autant attendre plus après ma déception de Human After All. Ça a pas changé mes goûts musicaux mais ça m’a clairement remis dans les rails de l’électro que j’avais un peu laissé de côté depuis les époques glorieuses de la techno, des Daft première génération. C’était une rouste totale.

Tristan : En plus ça devait être leur seule date en France

Nicolas : Pareil pour moi Daft Punk, c’était fou. Dans les grosses claques live y’avait Biffy Clyro en 2005 au Noumatrouff. Ça sortait de mon côté un peu punk, crade, quand je prenais la basse et que je jouais du Blink. Ça faisait chier les parents et tout. Nirvana aussi, clairement, en cassette. Mon père essayait aussi de m’apprendre la basse avec des trucs vraiment cool, et des grosses valeurs genre les Beatles.

Tristan : pour moi aussi, avec Pink Floyd, l’influence du père est considérable.

Je trouve qu’il y a une grosse fracture entre la musique de papa, avec les gros groupes genre Pink Floyd, Led Zep, les Who et le rock moderne. Le rock moderne, je veux dire par là celui né au début des années 2000, un rock festif, différent du spectre noir des années 90. Pour vous qu’est ce qui marque cette fracture, vers moins d’exubérance dans le rock sur la longueur des morceaux par exemple, qui tend vers moins de solo ?

Nicolas : Pour moi ça a commencé avec des groupes comme Franz Ferdinand. Les gens commençaient à danser dans les boîtes sur du rock

Tristan : C’est clairement une vague anglaise. Block Party pour moi c’est les premiers à avoir marqué vraiment ce liant dancefloor et rock.

Nicolas : Y’a eu ce truc salvateur des gens qui redansent sur du rock, ça faisait longtemps que ça n’arrivait plus.

Un peu ce que les Daft disait en ayant commencé avec Darlin. On se fait chier aux concerts de rock, contrairement aux raves. C’est ce côté là qu’ils ont privilégié plutôt que l’ennui. J’ai l’impression d’un retour de manivelle de ce point de vue là, l’électro s’immisce partout. Du coup, avec tous ces emprunts et toutes ces possibilités, comment est ce que vous imaginez le rock du futur, ou le votre, sans pour autant avoir un CAP Marc de café en poche ? Quelles envies avec le prochain de vous dépasser, d’aller au delà de la musique contemporaine ?

Nicolas: On a de plus en plus cette culture électro avec la Mort de Darius. On va essayer de pervertir notre rock avec ça au niveau des sonorités. L’électro rend les possibilités infinies. On garde quand même toujours ce background rock. Le pont de « The Sound », qu’on nous a déjà demandé de raccourcir c’est un trip électro complètement Dark. Pour nous ça n’allait pas trop loin, mais on se battra je pense pour le garder. Comme décider de splitter Peaches. Mais on va essayer de violer un peu notre musique.

Tuer le père tout ça… du coup le rock est pas mort ?

Nicolas : Nan le rock n’est pas mort, et les guitares sont toujours importantes

Tristan : Au delà du rock, tout le monde semble avoir une approche de la programmation électro qui prévaut.

Nicolas : les grosses guitares et les grosses basses n’ont jamais été aussi présentes pour notre musique, et c’est quelque chose qui nous tient à cœur.

A part votre tournée, c’est quoi vos prochains (la question est interrompue par l’étonnement de Nicolas « vous avez déjà fini votre whisky bande de salauds). Bah attends, ça se boit cul sec.

Tristan : nan peut-être pas cul sec ça cogne… mais du coup c’était quoi ta question ?

Question un peu bidon, mais c’est quoi vos plans immédiats ?

Tristan : des dates, de la compo

Nicolas : on tourne tout l’été et tout le mois d’Août va être consacré à ça. On part aux States en Septembre pour y jouer et pour y enregistrer. C’est un peu la grande surprise, on a un studio loué là bas, avec ingé son et producteur, par BMG je crois. On va essayer de voir jusqu’où ‘il peut nous emmener. On aura quelques concerts pour faire de la promo, mais on veut surtout essayer d’avoir un son différent. On reviendra en France en Octobre avec ça pour le retravailler. Pour la prod on bossera toujours ici, mais on va essayer à l’avenir d’enregistrer les instrus là bas.

J’espère en tout cas que dans les prochains temps on ne se contentera pas de vous appeler le groupe du pays de la choucroute, mais aussi le burger choucroute

Tristan : en tout cas c’est pas forcément une honte, mais parfois tu te fais un peu ficher.

Nicolas : une des pires façon de commencer un article, pour terminer, ça reste quand même vraiment ça, c’est castrateur.

Tristan : c’est plus le côté péjoratif qui pourrait être chiant. Et c’est pas déterminant dans notre musique. On n’a jamais mis une once de musique traditionnelle alsacienne dans notre musique

Peu vendeur, et l’humanité n’est peut-être pas prête…

Tristan : On garde quand même l’idée de côté si on veut se reconvertir en Nolwenn Leroy au masculin et en alsacien.

IMG_20140626_194728_edit

Propos recueillis par Jean-Gauthier Martin

 

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

CAPTCHA * Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.