« C’est Wingardium Leviosa, pas wingardium leviosaaaaaa! »

 « C’est Wingardium Leviosa, pas wingardium leviosaaaaaa! »

Lecteurs du jour, bonjour, lecteurs du soir, bonsoir!

Vous avez reconnu. C’est forcé.

Ça m’est venu comme une évidence il y a deux jours, en refermant les Reliques de la mort. J’ai écrasé une petite larme parce qu’il y avait Alessandra Sublet sur France 5 et que c’est marrant comme émission. Cette fille est payée à bouffer, boire du vin et rire très fort, mais n’est pas obligé de faire la cuisine ni de lire les bouquins de ses invités. Et elle a une super coupe de cheveux. Le boulot de rêve ! C’était les vacances de Noël, j’ai faibli, j’ai regardé Alessandra Sublet. BREF. En une semaine, je me suis fait l’Ordre du phénix, le Prince de sang mêlé et les Reliques de la mort. D’habitude, c’est sur la plage que je les relis (en témoigne le sable entre les pages), mais là, j’avais comme une fringale de Harry Potter. Et bien m’en a pris.

Bien sûr, bien sûr, je me devais d’écrire sur Harry Potter. Génération 90′ représente, n’est ce pas? Pourquoi ce pincement au cœur lorsque le générique de fin du tout dernier film est apparu à l’écran, ce même pincement que lorsque j’ai dû, lorsque vous avez dû fermer le dernier tome? Bon, je vous rassure, je l’ai vu deux fois au cinéma tout comme je les relis tous religieusement chaque été. Une fois n’est pas coutume, Rizzo s’en va vous dépiauter tout cela.

Phénomène Harry Potter, pourquoi, comment.

Parce que les personnages, on en a tous des comme ça parmi nous.

Mais si, vous savez…

– Des Hermione Granger, on a tous eu une dans notre promo. La fille qui sait tout. Qui révise à l’avance. Qui fait ses dissert’ maison, même si elles sont facultatives. Qui ne prête pas forcément attention à ses fringues. Ou alors, à un style, disons… à elle. Pour être polie. Une amie à moi vous rétorquerait avec sa délicatesse innée: « Mais elle est dégueulasse, elle ne sert à rien, cette fille! »

Réplique de la Hermione: « Maintenant, je vais me coucher ! Avant que l’un de vous ait une brillante idée pour nous faire tuer. Ou pire, nous faire expulser ! »

Dans la réalité: « – Bon, je vais aller faire mon plan de dissertation.

                              –  Mais quelle dissert’? (là, un être normal panique un peu. Il n’a aucun souvenir d’une quelconque dissert’ à faire)

– Mais si, tu sais, celle pour dans trois semaines.

                              – Ah, c’était donc ça. Je me disais bien que je n’avais rien noté pour demain. »

Les Hermione, on les aime bien quand même. Parce que petit un, elles sont utiles. Surtout pour les gens comme moi qui ne notent strictement rien sur leur agenda, si ce n’est les rendez vous chez le coiffeur. « ça, c’est important, je ne dois pas l’oublier! » Et petit deux, parce qu’elles ont un potentiel déconne totalement insoupçonné. Je pèse mes mots.

– Des Mme Weasley. Une attitude, un style, un façon de dire les choses. Trois bonnes raisons de lui obéir. Et sans broncher. Une Mme Weasley est dotée d’une autorité naturelle. La Mme Weasley est à la protection de la famille ce que la bière est aux festivals en général. Une obligation, un mythe. Nous avons tous une amie qui nous rappelle d’aller en cours, de mettre les Stan Smith le matin et pas les chaussons, de faire notre vaisselle, ou tout simplement qui nous rappelle qu’aujourd’hui, on est mercredi.

Réplique de la Mme Weasley: « Pas ma fille, garce! »  (et là, crumble de Bellatrix.)

Dans la réalité:  » – Bon, les filles, je vous rajoute une heure de cours demain, en plus des deux heures normales, ça va?

                           – Niaaaaaaaaaaw (feulement de chat) … Madame, ça va pas être possible. (et là, même la prof se tait. Et retire son heure supplémentaire.)

La Mme Weasley, c’est Sylvia Fine en version sorcier. Un point, c’est tout.

– Des Lord Voldemort. Pas dans la réalité réelle. Ou alors, on appelle ça un Dark Vador. Mais là non plus, ça ne se trouve généralement pas dans la vraie vie. Si vous en croisez un, il serait tant de ralentir sur la coke.

– Des Luna Lovegood. Si. Reconnaissez-le, vous en connaissez une. Voire deux ou trois, si vous êtes en filière littéraire. La fille totalement perchée, qui découvre tous les jours le monde. Il n’est pas rare de la voir le nez en l’air, les yeux grand ouverts, observant quelque chose qui vous échappe. Elle est capable de voir les licornes, les fées, tout ce bordel que je ne maîtrise pas et parle souvent aux objets (auxquels elle a préalablement donné des prénoms). Des tendances vestimentaires en dehors du classique et un don pour les répliques nespresso cultissimo.

Réplique de Luna Lovegood: « – Aucune personne sensée n’aurait eu l’idée de confier à Luna Lovegood le soin de commenter le match.

                                               – J’entendais le commentaire du match, d’ici, dit Ron, la voix à présent secouée d’un rire. J’espère que ce sera toujours Luna qui le fera désormais… La « perdantinite » … » Dans la réalité:  » Justin Bieber ? Il fait partie des illuminatis, non ? C’est un guide spirituel, je me trompe ? »

Parce que voilà, on a grandit avec.

– Et que du coup, notre vocabulaire en a pris un coup.  » J’ai pas de moyen de transport, je fais quoi, je transplane? » ou « Mais vas-y, sors toi le de la tête, un coup de pensine et ça repart ! » voire « Franchement, je me barrerais bien des cours façon Weasley ! » (entendez, Fred et George Weasley).

– Parce qu’il faut bien le dire, nous avons tous attendu notre lettre pour Poudlard. Et que du coup, nous connaissons tous les sortilèges. J’ai même un collègue avec qui nous faisions des batailles de sortilèges, entre les cartons de poulets. Sans parler du fameux jeu (là, je dévoile un secret) du « Faire deviner un personnage, un objet ou une créature présente dans HP, en répondant par oui ou non. » ça occupe des heures. Merci, Gaetan Perret.

« Expelliarmus!

Sectumsempra!

Levicorpus!

Reducto!

Impervius! »

Ah, là, tu m’as eu.

– Parce nous avons trouvé l’épilogue risible. Et inutile. Quel intérêt de savoir que tout va bien ? Quel intérêt ?

– Parce que nous avons pleuré, en apprenant pour Rogue. Et pour Dumbledore. Et les frères Weasley. Et Tonks. Et Lupin. Et Sirius.

– Parce que je veux avoir une Ford Anglia, depuis que j’ai lu la Chambre des Secrets.

– Parce que merde, je suis sûre qu’au quidditch, j’aurai été un putain de batteur.

– J’ai appris que « le monde ne se divise pas entre braves gens et Mangemorts. » Mais qu’il était mieux de ne pas utiliser les sortilèges impardonnables à tort et à travers. En revanche, les farce pour sorciers facétieux label Weasley, on peut.

– Parce que j’aurai dormi en histoire de la magie, et j’aurai adoré le whisky pur feu.

– Parce que j’en suis sûre, il y a un ministère de la magie. Et des Aurors. Déguisés en contrôleurs SNCF, pour se fondre dans le décor. Et des animagus. Mon chat, par exemple. Pour être aussi débile/taré, c’est au moins un Lovegood.

Il y a eu les films (non, sans déconner?) :

– Et Ginny n’est pas assez jolie en comparaison avec ce qu’on avait imaginé. Moi je voyais une fille dans le genre fée Mélusine, la BD. Mais Luna to-ta-lement crédible. Allez comprendre. Clémence Poesy en Fleuk, validé. Pattinson en Diggory, validé. D’ailleurs il n’aurait jamais dû tourner quoi que ce soit d’autre, on est d’accord.

– Si le casting des gosses à l’époque du premier film (2001) est une découverte de nouveaux talents (Radcliffe, Grint et Waston <3), celui des adultes, est, pour notre plus grand plaisir, ultra ciselé. Gary Oldman (le commissaire Gordon de Christopher Nolan, c’est lui), Maggie Smith (Sister Act), Helena Bonham Carter (pas de films en particulier, toutes les réalisations de Tim Burton, bien évidemment), Ralph Fiennes (le Patient anglais, Dragon rouge)…

– John Williams a composé la musique. Oui, le même type qui a crée celle de Star wars, Indiana Jones, les Dents de la mer, E.T téléphone maison. 5 Oscars au compteur. Un petit gratouilleur de synthétiseur du dimanche, quoi.

La force de la saga Harry Potter, c’est sa magie. Pas seulement les sortilèges, l’école Poudlard, non non (déjà, c’est pas mal), mais la création de tout un monde. Des recettes de potions aux articles de Rita Skeeter dans la Gazette du sorcier en passant par les modèles de balais et les maléfices (grosses réminiscence de latin, quand on y pense). Lorsque J.K Rowling écrit le premier tome, elle vit des allocs. Et là, dans un train entre Manchester et Londres, la révélation (à ce niveau là, c’est dieu qui te parle en 4G ready) : « Tout à coup, l’idée de Harry m’est sautée à l’esprit. Je ne peux pas dire pourquoi, ni ce qui l’a déclenchée. Mais j’ai vu très clairement l’idée de Harry et de son école de sorciers. J’ai soudain eu cette idée fondamentale d’un garçon qui ne savait pas qui il était, qui ne savait pas qu’il était sorcier avant de recevoir une invitation pour l’école des sorciers. […] À mon immense frustration, je n’avais pas sur moi de stylo en état de marche, et j’étais trop timide pour en emprunter un à quelqu’un. Je pense aujourd’hui que ce fut une bonne chose, car je suis restée assise à réfléchir pendant quatre heures (le train a eu du retard), ce qui a permis à tous les détails de s’accumuler pour donner vie dans mon esprit à ce petit garçon maigre à lunettes et aux cheveux noirs qui ignorait qu’il était magicien. » Et là, bim. 400 millions d’exemplaires vendus en 70 langues. Je ne crois pas qu’elle touche encore les allocs. Faudrait vérifier.

C’est ça, la magie de Harry Potter. Ce sont des livres qui ont fait lire des gosses qui n’avaient jamais ouvert un bouquin avant, des personnages qui ont grandi avec nous, tout bonnement dix ans de nos vies de lecteurs. Je me souviens très bien du moment où j’ai commencé à lire le premier. J’avais onze ans, une grande tante me l’avait offert à un repas de famille qui allait durer toute l’après midi. Il avait l’air énorme, ce livre. Le plus gros que j’avais jamais eu entre les mains. Et, assise entre les tables, je suis allée à la première page. « Mr et Mrs Dursley, qui habitaient au 4, Privet Drive, avaient toujours affirmé avec la plus grande fierté qu’ils étaient parfaitement normaux, merci pour eux. » À chaque sortie d’un livre, j’envoyais ma mère me l’acheter le jour même en librairie. Ce fut à bientôt dix huit ans que j’ai fini le septième, en faisant exprès des pauses entre les chapitres, plutôt qu’à faire mes lectures analytiques pour le bac de français.

Je finirai par une réplique chère à ma Summer Roberts (vous ai-je déjà parlé de ma colocataire?)

« On dirait de la magie! »

 Rizzo Andretti



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