« What’s your favourite horror movie? »

« What’s your favourite horror movie? »

Lecteurs du jour, bonjour, lecteurs du soir, bonsoir!

L’autre jour, je me suis retrouvée à regarder Scream le quatrième du nom (vu au cinéma en feinte, je croyais que c’était Scary Movie, païenne que je suis, merci encore à Tintamarre l’ami qui m’a fait comprendre la différence), donc je l’ai revu, perchée tel mon chat sur un morceau de canapé, avec deux Lisa. Oui, il y avait une promo, ce jour-là. Si la première Lisa était plutôt calme, le nez dans le paquet de Monster Munch, la deuxième faisait des bonds de cabri dès qu’il y avait un truc un peu flippant, soit tout le long du film. Imaginez quelqu’un avec le gabarit de Kate Moss, nez dans l’écharpe, qui pour le coup aurait pu faire du saut en hauteur à Londres cet été. D’abord, je me suis interrogée sur les dangers de la caféine mélangée aux ecstas, et ensuite, je me suis dit qu’il serait temps de s’amuser avec les cultissimes Scream.

BREF. En avant Rantanplan.

C’est quoi ce titre ?

Bon, sans déconner, même si vous êtes une buse en anglais, « scream », vous devriez comprendre. Par exemple, je ne parle pas trois mots alignés d’italien, mais je sais ce que veut dire « mercato ». Voilà. Dans le cas de Scream, le titre, on s’en fout. C’est principalement une indication sonore, il faut juste penser à bien régler le son de votre ordinateur/téléviseur quand vous le regardez, il a de quoi se péter les oreilles plus qu’en écoutant le dernier album de Céline Dion, et en matière de hurlements, je m’y connais. Si vous aimez la blonde à seins proéminents qui sautent du soutif lorsqu’elle court dans les escaliers de sa maison en donnant de la voix, les Scream sont fait pour vous, n’hésitez plus.

Scream, kézako?


Un slasher, d’abord. Recette, pour un slasher, il vous faut:

-> savoir que slash= taillader, réduire considérablement [l’intégrité corporelle de quelqu’un]

-> Un tueur psychopathe. Oui, un minimum.

-> Une arme blanche, le plus souvent. Les couteaux de cuisine sont les bienvenus. Attention, le compas, ça ne compte pas.

-> L’élimination de pas mal de personnages dans le film. Une bonne dizaine, c’est bien. Moins, c’est que vous n’aviez pas assez de jus de framboise.

-> Un groupe de jeunes (cons-cons, sur les bords), qui va se saouler la gueule tout du long du film, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus grand chose.

Pour résumer, “This isn’t a comedy, it’s a horror film, and you’d better start running” Ghostface, Scream 4.

– Scream, c’est aussi et surtout Sidney Prescott, l’immortelle. ça fait quand même plus de dix ans que les psychos en tous genre lui courent après pour la découper en tout petits morceaux, et qu’elle les démonte à la chaîne, film après film, avec la régularité d’un James Bond. Autant le dire tout de suite, Sid, c’est Lara Croft sans le Deagle, Lisbeth Salander sans le viol, la James Bond girl de base sans la robe de cocktail. Indestructible, donc. “You’re a survivor, aren’t you, Sid?”

I’ma survivor, I’m not goin’ give up, I’m not goin’ stop… Je me calme. Merci Beyoncé

– Scream, c’est aussi et surtout bis, Courtney Cox et David Arquette. Si, vous savez, Monica Geller! Gale et Dewey, les Dupont et Dupond, Sherlock et Watson de service! à noter que Dewey, même en 2011, il garde la moustache. Et ça, c’est sacrément militant. Ceux-là sont comme Sid. On ne peut pas les faire mourir. Les assommer, les trouer un peu, les menacer, mais pas les faire mourir. C’est limite pas drôle.

Gale: Dewey, what’s going on?

 Dewey: That is not public information.

 Gale: It’s all over the Internet!

 Dewey: It is?”


Pourquoi c’est moins con qu’il n’y paraît, un Scream:

– Parce que les acteurs sortent la plupart de séries TV, et font là leurs premiers pas sur grand écran. Des acteurs connus du public, donc. Liste non exhaustive: Adam Brody (Seth Cohen le bien aimé), Rose McGowan (Paige Halliwell), Sarah Michelle Gellar (Buffy), Kristen Bell (Veronica Mars), Hayden Panettiere (Claire Bennet), Anna Paquin (Sookie Stackhouse)… un sériephile y trouve toujours son compte.

– Parce que c’est de la mise en abyme de mise en abyme. Vous m’avez suivie? Mise en abyme du film d’horreur, dans le premier volet, puisqu’on y décortique pour la première fois les codes du film d’horreur:

Rule number one: You can never have sex, number two, you can never drink, or do drugs, number three, never, ever say “I’ll be right back, because you won’t be back.” (Randy, Scream)

ou encore

Y’a une formule, c’est ce qu’on fait de plus simple comme formule … TOUT L’MONDE EST SUSPECT!” (Randy, Scream)

– Parce que c’est quand même rare, voire unique, une franchise de film d’horreur qui a débuté en 1996, et dont le dernier volet est sorti en 2011. Sans parler d’un possible cinquième film réclamé à corps et à cris par les fans. Bien sûr, Craven a eu la bonne idée de garder le tiercé gagnant de base, les immortels sus mentionnés. Le scénar’ est plus ou moins toujours le même, tout en étant bien « twisted » dans le quatrième. Comme les personnages le disent eux même, analysant leur propre film, la fête entre jeunes bourrés est une fausse fin, la vraie fin survient un cran après, lors d’un after. Chaque film est facilement daté, grâce à l’élément central, le téléphone, devenu un personnage à part entière ! De la cabine téléphonique de Drew Barrymore dans le premier, on arrive à l’Iphone et à ses applications dans le quatrième. D’ailleurs, l’appli Ghostface existe bel et bien, mais en anglais seulement. Je suis déçue.

« Jenny Randall: OK, timing. Timing is perfect. But you don’t have an app on your phone, so you can’t talk like ghostface, can you?
   The Voice: Yes, I can.
  Jenny Randall: Who is this?
  The Voice: Not an app. »

– Et enfin, la mise en abyme du film lui même, avec la création de Stab. Un film dans le film sur le film. Qui dit mieux? Sans parler de la scène d’ouverture du quatrième volet, chef d’œuvre du genre, où l’on trouve deux films dans le film. Vous m’avez suivie ?

– Les références au cinéma. Le fameux “Fuck Bruce Willis”, bien sûr, mais aussi la scène culte de Kirby, “Halloween, uh, Texas Chainsaw, Dawn of the Dead, The Hills Have Eyes, Amityville Horror, uh, Last House on the Left, Friday the 13th, A Nightmare On Elm Street, My Bloody Valentine, When A Stranger Calls, Prom Night, Black Christmas, House of Wax, The Fog, Piranha. It’s one of those, right? Right?”

J’ai chronométré. Vingt secondes à énumérer des films d’horreur. Je dis chapeau bas. Ou alors c’est peut être juste moi qui suis fan.

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Voilà. Qu’on aime ou non le film sanglant, il faut reconnaître que Scream (la franchise), est une saga intelligente, des films qui jouent avec le spectateur, se jouent des codes eux-mêmes, s’analysent et se réinventent. Avec plus ou moins de succès pour les deux et troisième volet, certes. C’est ce que j’appelle une bonne tranche de déconne loin d’être conne.

Les petits trucs en plus que ça peut être canon de placer en conversation pour faire genre on est cultivé (on peut l’être en vrai aussi, hein) :

– Le premier scénario écrit par Kevin Williamson lui ai venu après avoir entendu parler à la télévision d’une tuerie bien réelle à Gainsville en Floride. Ayant entendu un bruit dans la maison, il s’arme d’un couteau de boucher et entreprend d’en faire le tour, au téléphone avec un ami, avec lequel ils finissent par tester leurs connaissances sur les films d’horreurs. Non non, cet homme n’est pas taré.

– Dans le quatrième Scream, l’un des policiers s’appelle Anthony Perkins. Ça ne vous dit rien ? C’est le nom de l’acteur ayant joué Norman Bates dans Psychose. Eh ouais.

– Dans le tout premier Scream, on peut voir Freddy (les griffes de la nuit, création de Wes Craven) passer la serpillière dans un couloir du lycée, joué par Craven lui même. Le jour où je vois ça dans mon bahut, je fuis.
Et surtout,très chers lecteurs, do not forgot the first rule of remakes: « Don’t fuck with the original ».

Je vous laisse, j’ai l’intégrale d’Olive et Tom à me faire, j’en ai pour deux ans et demi.

Rizzo Andretti



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