Oh Boy ! 24 heures à Berlin – Révélation 2013 du cinéma Allemand

Cinema Oh boy

 

Oh Boy ! 24 heures à Berlin – Révélation 2013 du cinéma Allemand

C’est l’histoire d’un mec… qui aimerait juste boire un café !

Le rideau s’ouvre sur Niko qui essaie de filer discrètement de la chambre d’une fille le matin venu. Sortie ratée ! En fait il s’agit de sa copine qui, lasse de son comportement d’éternel adolescent le jette dehors. C’est le premier épisode de ce qu’on peut appeler une vraie journée de merde ! Entre un voisin trop intrusif, un psy qui le déclare émotionnellement instable, son père qui lui coupe les vivres, Niko va vivre les 24h les plus improbables (et interminables) de sa jeune existence. Ce quasi-trentenaire berlinois est pourtant un type comme tout le monde, peut-être juste un peu plus paumé ! Le spectateur est invité à l’accompagner dans sa quête de lui-même à travers sa recherche désespérée d’un café. Tout ce qu’il y a de plus

normal, lui aussi, pas un Columbia Morning aux grains certifiés bio à 3,40€ !

Le réalisateur qui signe ici son premier long-métrage a choisi de filmer la capitale berlinoise dans un élégant noir et blanc sur fond de musique jazzy (la musique, excellente, a été composée pour le film par quatre jeune étudiants en jazz). Jan Ole Gerster ne cache pas ses influences, mélange de Nouvelle Vague française, de Jarmush et d’Allen. Il les revendique même « Pourquoi aurais- je dû, pour mon premier film, aller à l’inverse de ce que j’aime? J’espère cependant avoir pu montrer ma personnalité à travers mes choix justement et ma manière de rendre hommage à ces ombres qui planent sur mon film. » Et son style il l’a trouvé. Sa narration toute en nonchalance fleure bon la liberté ! Son personnage subit les emmerdes qui lui tombent dessus en gardant une sorte de patience indécise. Là où d’autres auraient foutu leur voisin à la porte, Niko l’écoute et se rend compte que l’homme en face de lui est lui-même bien malheureux ! L’errance de Niko se heurte littéralement à divers personnages. Ces rencontres, parfois prévues, souvent improbables, offrent des portraits émouvants comme ce vieil homme accoudé au bar qui raconte sa Nuit de cristal. Le réalisateur signe ici une quête existentielle à la fois rocambolesque, drôle et empreinte d’une certaine mélancolie. Un pari réussi puisque « Oh boy » a remporté 6 Lola, l’équivalent des Césars allemands.

Je laisse le mot de la fin au personnage. « Tu connais ce sentiment d’être entouré de gens qui agissent de manière bizarre mais, quand tu y réfléchis bien, tu te rends comptes que c’est peut-être finalement toi le problème ? » A méditer !

Christelle Lader



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