Match Retour – Robert de Niro vs Stallone

Match retour 1

Match Retour 

Film américain de Peter Segal

On pouvait craindre, en voyant les premiers trailers, d’assister à la projection d’un film pathétique distillant le mauvais usage de la méta cinématographie. On nous envoyait en effet des messages contradictoires. Ce n’est ni Rocky ni Raging Bull, mais un peu un mix des deux implicites et sous-jacent. Créeant peut-être des paradoxes aussi intenses pour la cohérence et la survie de l’Esprit que les questions de voyage dans le temps.

Stallone et De Niro vont s’affronter dans un ultime combat. Un match retour que Stallone avait toujours refusé à son ennemi juré. Les bougres étaient à un partout, et il fallait un jour départager les deux, si l’individu susnommé ne s’était pas dégonflé. Le fils de leur ancien manager les convainc de reprendre le ring pour régler ce litige ancestral, et ainsi réaliser le combat de leur vie, et de l’histoire de la boxe !

Match Retour 2

On a été assez surpris par le résultat. Il est à la mode depuis quelques années de raviver les gloires d’antan, faute d’une génération capable de produire quoi que ce soit : loin de nous l’idée de dresser un constat de stérilité de l’époque et de la blâmer. Force est de constater cependant qu’une bonne partie de la création actuelle repose sur la réutilisation musicale ou graphique de canevas des années 80. Le culte du rétro à tous les étages ne nous donnera sans doute pas tord ici.

On était en droit de craindre un sous produit ressassant la gloire comme tata Huguette celle de ces belles gambettes. Ce malaise qui nous fait sans cesse regarder en arrière a été traité avec brio par Aronofsky dans the Wrestler. Si cet héroïsme prolo sur le retour, avec tout son tragique vous a ému, sachez que ce n’est absolument pas ce que vous retrouverez ici.

Le film est plutôt drôle, avec quelques répliques cinglantes et croustillantes. Il n’évite pas dans son style les bons vieux clichés du père illégitime perdu qui doit faire ses preuves, l’amour déçu qui tisse la haine entre les deux ennemis de toujours, les appréciations arriérées de sexagénaires sur le monde contemporain pour ne citer que ceux-ci. C’est ce qu’on appellera un pop corn movie, mais bien foutu, qui égayera votre dimanche carné jusqu’à la moelle. On se retrouve à la fin du film avec une petite impression amère de déception : les craintes que nous fondions auraient peut-être pu rendre le film plus fou, plus poussé dans l’excès de poncifs. Le film se prend tout de même un peu au sérieux pour exister en tant que film, et pas uniquement en tant que cocktail vintage.

Par Jean-Gauthier Martin



Laisser un commentaire

CAPTCHA *