La vie rêvée de Walter Mitty

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La vie rêvée de Walter Mitty

Film américain de Ben Stiller

 

On connaissait Ben Stiller comédien de comédies américaines disons le assez moyennes – pourtant agréables à regarder avouons-le – on le connaissait moins en tant que réalisateur. Ou du moins, réalisateur de talent (nous vous laisserons juger vous même de la qualité de Disjoncté, Zoolander et Tonnerre sous les tropiques).

Qu’on se le dise : le film n’échappe pas aux canevas parfois pénibles des gros films hollywoodiens (que nous appellerons « moyens » quand le blockbuster peine à atteindre le rend de chef d’œuvre). Un petit paumé cherche l’amour d’une donzelle qu’il n’ose pas aborder dans la vraie vie. Il déconnecte souvent du réel, vit dans ses rêves. Forcément alt modisch, il travaille au service des négatifs du célèbre magazine Life. Voué à disparaître quand de grands méchants magnats du vilain Internet débarquent pour numériser le canard.

La responsabilité de Walter Mitty est grande : il doit développer la photo de Sean O’Connell, qui fera figure d’ultime couverture du magazine. Problème, la 25ème, la quintessence de la carrière du photographe, est introuvable dans les films. S’en suit un jeu de piste basé sur les négatifs précédents dans la bobine pour le retrouver. Le petit bouseux parvient à se transcender et affronter le réel et partir à la conquête du négatif au Groenland et en Islande. Bref, on l’aura compris, beaucoup de poncifs et de petites piques moralisatrices de salons de coiffure.

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Il serait pourtant de mauvaise foi de ne pas reconnaître que le film est assez drôle, plutôt agréable à regarder, idéal pour se vider l’esprit. Tout en proposant un contenu d’assez bonne facture quand on compare les productions du même ordre, du même schéma narratif (pensons par exemple à Yes Man, assez médiocre comparé à celui-ci). En effet, Ben Stiller montre dans ce film qu’il a un certain sens de l’esthétique. Il y a de très bonnes idées de mise en scène, notamment dans les inserts titres, inscrits directement dans l’image, ou dans des formes de slogans, qui parasitent plus ou moins consciemment notre quotidien jusque dans l’architecture du film et les échelles de plans (beaucoup de plongées totales assez réussies, même si de synthèse).

Le film manque peut-être de substance pour convaincre suffisamment sur le long terme. Ce défaut pourrait toutefois constituer une qualité, dans l’impression de « vignettes » que donne à voir le film, complètement dans son sujet, d’un protagoniste attaché aux négatifs, à la succession d’images hétéroclites sur la bobine. Walter Mitty est au final agréable et réussi, sans pour autant constituer un indispensable.

Par Jean-Gauthier Martin



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