FEFFS 2015 : The Hallow – Promenons nous dans les bois démoniaques, pendant que le loup y est.

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FEFFS 2015 : The Hallow – Promenons nous dans les bois démoniaques, pendant que le loup y est.

Film anglais de Corin Hardy. En compétition.

Le cinéma britannique et irlandais a déjà eu l’occasion de s’illustrer dans la compétition l’an dernier, avec The Canal, qui était un film de genre classique dans sa plastique, mais plutôt intéressant dans le choix de ses points de vue, et tout de même assez effrayant. The Hallow suit un peu cette ligne directrice, et puise dans l’imaginaire fertile du folklore gaélique pour livrer un film qui permet de concilier l’efficacité old school d’un divertissement flippant, tout en offrant de la qualité et un regard neuf sur le frisson.

Comme toute bonne histoire fantastique, ça commence par un gars de la ville, scientifique, qui découvre les joies de la campagne pour mener ses recherches, confronté à des bouseux qui le mettent en garde sur la forêt dans laquelle il va travailler. Bien souvent, le bouseux a raison de flipper, et le mec de la ville un peu suffisant devrait écouter. Le scientifique travaille donc, avec son bébé sur le dos (pas si malin on en conviendra), à des prélèvements dans cette forêt. Il y découvre une espèce de champignon, un magma noir dont l’analyse cellulaire montre son aspect démoniaque : les cellules elles-mêmes sont dotées de sortes de pics, qui arrivent à crever les autres et à s’en servir comme hôtes… une sorte de virus donc.

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Plusieurs signes font comprendre à la famille qu’ils sont les malvenus, et qu’ils ont profané un lieu que l’on craint depuis des millénaires. On croit d’abord à des petites frasques de voisins, digne de Julien Courbet (pour filer la métaphore des animateurs télé amorcée il y a plusieurs articles). On comprend vite qu’ils ont affaire à quelque chose qui n’a pas envie de déconner, et qui s’apparente à ces virus analysés. Une menace monstrueuse qui plane sur eux. Et ce sont de vraies saloperies. On ne vous en dit pas plus.

Le film est, vous l’avez compris, plutôt classique. On comprend aussi vite que la chose est totalement voulue. C’est un retour aux sources pour le mieux : un bon film fantastique doit faire flipper. C’est réussi. Un bon film fantastique doit avoir ses monstres. Ils sont ici réussis, notamment en terme d’originalité et de création : ils ont de la gueule, et ne sont pas en CGI. Une véritable prouesse de maquillage qui contribue à donner de l’épaisseur et tout le cachet du film. Bref, The Hallow a tous les ingrédients d’un bon film fantastique. Avec un petit charme supplémentaire dans une vraie maîtrise de mise en scène. Si l’on ne joue pas assez longtemps sur la carte du doute dans le film, et que c’est assez direct par la suite, si l’aspect symbolique et folklorique, sur fond de références Nekronomikonesques, est sympa mais pas forcément profond, le film n’en demeure pas moins un sans faute sur les attentes du genre et un bel exercice de style.

Par Jean-Gauthier Martin



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