FEFFS 2015 : Sweet Home – Sweet Home España

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FEFFS 2015 : Sweet Home – Sweet Home España

Film espagnol de Rafael Martinez. En compétition.

Pour finir cette belle journée, alors même que nous décidons quotidiennement de nous absoudre de trop d’anecdotes personnelles, le visionnage de ce film sera à jamais marqué des stigmates d’un dilemme professionnel. Initié par notre patronne à tous sur le site du festival (je tairais son nom) il consistait à me rappeler gentiment à mes devoirs de journaliste, vers une interview prochaine et angoissante. L’angoisse de la vie a vite supplanté celle du film. Le temps pour moi de finir le contenu de ma fiole de Fernet Branca, qu’il m’a été possible d’apprécier ce film espagnol à sa juste valeur : un tantinet classique dans le home invasion, mais haletant et bien réalisé.

On assiste à la mauvaise journée d’anniversaire d’un jeune homme, qui avait prévu une soirée un peu ringarde entre colocs. Soucieuse de bien faire, la copine qui travaille dans l’immobilier, fait la surprise d’une soirée romantique un peu déglinguée dans un immeuble quasiment abandonné. Quelle bonne idée ! Le pauvre gars ne veut pas de surprises en plus, et on le comprend bien vite puisque l’on assiste pas à un épisode de Sous le Soleil (et donc pas de Bernard Montiel en tant qu’acteur à l’horizon) que toute cette romance est vouée à se casser la binette. Une bande de dératiseurs humains, chargés d’extraire les vieux briscards qui cherchent à garder leur appartement plutôt que de le vendre, va gâcher la fête. Le couple va être repéré. Et il semble impossible de sortir de l’immeuble. Une situation prometteuse de tensions.

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Les expulsions de bâtiments (conséquence directe de la crise), se font à 13% du temps par la force. Et que 2% sont inexpliquées, de l’ordre de la disparition mystérieuse. C’est vers cet inexpliqué que tend le film. Rien de mieux qu’une statistique un peu absurde en début pour faire flipper et se dire « c’est du sérieux, ça peut être vrai ». Le genre de devanture semblables à un produit en vitrine, doté d’un prix barré et remplacé par un moins cher (prix initial qui n’a jamais existé) : c’est le vinaigre des mouches humaines.

Au delà du message politique du film, particulièrement contemporain, l’éventualité d’une part de mystère viril et bourrin derrière les disparitions est un élément fantastique, en ce qu’il est incompréhensible. Les pots de vin ne suffisent plus, il faut faire dans une répression incorruptible, des peaux d’outre, des gars durs. Des chevaliers de l’apocalypse.

Le film contient tous ses clichés : un anxieux qui n’aime pas son anniversaire, une blonde gueularde, qui prévoit sa soirée d’anniversaire pourrie, dans le doute, dans un immeuble en friche… Les mailles du filet se font de plus en plus proche, et le film tente de nous immerger dans cette absurdité comme on apprécierait les charmes d’un bon vieux survival horror en famille. Beaucoup d’artifices sont efficaces (la neige carbonique notamment, pour un usage inattendu), l’ensemble est divertissant, direct et fun. Sweet Home , s’il fourmille de bonnes idées, manque peut-être de cohérence pour devenir un incontournable du genre. Mais la finesse avec laquelle le réal joue sur les codes et les attentes à de quoi rendre l’expérience über jouissive. Jusqu’à un twist final assez MIBesque qui vous fera sans doute bien rire.

Par Jean-Gauthier Martin

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