FEFFS 2015 : Nightfare – Bourres-pif pour tous

NIGHTFARE-AFFICHE site-2548

FEFFS 2015 : Nightfare – Bourres-pif pour tous

Film français de Julien Seri. Catégorie Crossovers.

On me voit souvent déplorer les atours du cinéma français. Trop de comédie, de drames bourgeois parisiens pleins de vin et de bons sentiments dans des cricrises pseudo-intello. Pas de ces chichis avec Nightfare, qui cherche à flirter avec les films d’action américains, avec des moyens certes différents (le film ayant été en partie financé via Ulule)

Sans vous faire profiter de trop de spoil, une bande de jeune délurés décident, après une longue course de taxi, de ne pas payer et d’envoyer « valdinguer à travers les monts » les règles de la bienséance. Les chauffeurs de taxi, comme chacun a pu le remarquer dernièrement, il faut éviter de les faire chier. Les deux personnages ont eu cette idée de génie de choisir de le faire.

Le mec transcende la matière. Chaque fois qu’ils l’évitent il se rematérialise derrière eux. Tous ceux qui ont déjà vu un épisode de Droopy, arriveront à se figurer le personnage (enlevez ce qu’il y a de sympathique et traîne savate chez lui, presque tout). Ce gars est un peu la force (in)tranquille qui va chercher à vous émasculer pour son honneur mercantile. S’en suit une course poursuite endiablée dans les banlieues parisiennes. Deux jeunes éphèbes coursés par un übermensch insondable. Ça a de la gueule et du tanin.

Si le film suit la courbe d’un thriller classique et efficace tout le long, il se mue en une espèce d’entité hybride. Il va en effet (le film… parce que oui, je personnifie souvent les films et c’est comme ça) chercher ailleurs ce qui fera son printemps, et se transformer en une fable. Cette débauche de haine n’est pas gratuite. Elle cherche à illustrer un propos, incarner une valeur et une morale qu’on vous laissera découvrir.

NF12CMJN site-2549

C’est là que les choses se gâtent. Si le film alterne de manière assez cool les scènes de chassés croisés et de baston, on est un peu moins convaincu, pour ne pas dire pas du tout, par le voile de la fable qui est déployé. Bien sûr, on a le droit de véhiculer un message, par delà les abysses du sens filmographique. On aurait juste souhaité plus de subtilité. La difficulé de cumuler passion et moyens se ressent un peu trop sur cet aspect. Mais la passion du réalisateur pour un chevaleresque nippon se ressent, et parcoure le film de façon agréable.

Il n’en reste pas moins vrai que si la violence du film, mesurée mais efficace, n’est jamais gratuite, la justification de cette absence de gratuité vous convaincra bien plus si vous avez une hygiène de vie et un sens des responsabilités, que si vous faites partie de cette caste privilégiée et infâme de ceux qui ne comprennent pas toujours ni pourquoi se lever le matin ni l’absurdité des temps contemporains.

Nightfare, sous ses faux airs de Drive et de Irréversible, reste un bon exemple de divertissement. Et quand bien même nous ne sommes pas d’accord avec toute l’apparence du film (vous pourrez d’ailleurs découvrir une interview de Julien Seri prochainement), on espère qu’il trouvera son public, parmi les amateurs de films d’action qui peuvent, et on l’oublie, exister sous la bannière tricolore.

Par Jean-Gauthier Martin, padawan samouraï

embedded by Embedded Video



Laisser un commentaire

CAPTCHA *