FEFFS 2015 : Knock Knock – Qui est là ?

ouverture poster 72 dpi-2544

FEFFS 2015 : Knock Knock – Qui est là ?

Film américain d’Eli Roth

Tout semblait réuni pour faire de l’ouverture de ce FEFFS une réussite. On peut effectivement le dire pour te ce qui concerne le background de la cérémonie, avec comédiens, contorsionnistes sexy ambiance oppressante et rigolote… On salue vraiment les efforts de l’organisation pour offrir d’années en années un festival vivant et complet. La fête n’était hélas pas au rendez-vous sur le plan cinématographique.

Bien sûr, programmer un film d’Eli Roth, avec Keanu Reeves, ce n’est pas dégueulasse sur le papier. Réalisateur bien connu, plutôt grand public : on est en plein dans le mille de ce que l’on est en droit d’attendre d’une cérémonie d’ouverture : fédérer et divertir.

Le ton est donné dès le début du film, avec une peinture maladroitement ironique de la famille américaine typique – beau couple qui ne baise plus à cause de la femme artiste et de la marmaille. Le film raconte l’histoire d’un architecte ténébreux (et, tenez vous bien, ancien DJ) qui se voit abandonné par sa famille le jour de la fête des pères, à cause d’un projet à terminer. Journée décevante et acoïtale, le beau brun travaille le plan d’une nouvelle maison sur son Mac, en écoutant du Kiss (qui est du reste le plus grand groupe de rock and roll de tous les temps).

 

Keanu

 

Deux pimbèches trempées par la pluie viennent frapper (d’où le titre) à sa porte. Prétextant de chercher une adresse, elles se retrouvent plus ou moins à le violer. Ce jeu sur le fantasme et sur les attentes du spectateur est d’ailleurs plutôt jouissif : les tentatives de résistance sont assez drôles et cocasses. Toute la première partie du film, avec ce ton décalé, mais sans vraie folie, est assez réussie.

Pour la suite, aïe. Ça pique… N’est pas un génie du second degré qui veut. On peut être lourd et classieux… Et c’est dans cet exercice difficile qu’Eli Roth se casse la gueule, pierre richardesquement, contre une porte, sans le burlesque qui l’accompagne. Si la comédie est une belle niche pour faire friser un peu les pointes de la satire des temps contemporains, on notera que l’exercice ne peut pas fonctionner sans justesse. Ici tout est trop gros, tout devient ridicule par absence totale de réalisme de l’intrigue (oui c’est de la fiction mais quand même), une Lorenza Izzo insupportable et une pseudo scène de torture dont on ne sait pas trop s’il faut en rire de joie ou de dépit, tant le style est caduque.

La comédie horrifique, avec ses gros sabots, ne fait que rarement dans la demi mesure. On sait souvent, quand c’est bien fait, si l’on veut nous faire marrer, angoisser, ou si l’on nous prend pour des cons. Ici, on ne sait pas. Parce que rien ne se tient et rien n’est assez fou. Le final est plutôt drôle, par le jeu farcesque de Keanu Reeves, mais on ne nous enlèvera pas de l’idée que Knock Knock est une franche déception, qui partouse souvent avec le ridicule (celui qui est risible et pas voulu) d’une pseudo critique de la société moderne, teintée de « tous les pères sont des pédophiles en puissance », « les réseaux sociaux c’est le mal, vivez un peu vraiment », « les hommes ont une bite à la place du cerveau », ou encore « je mets du Pixies à la fin du film parce que c’est bien et arty ».

Ne répondez pas si ce film frappe à votre porte.

Par Jean-Gauthier Martin



One Comment

  1. mrschtg wrote:

    J’étais également à la projection: complètement d’accord avec cette critique!

Laisser un commentaire

CAPTCHA *