FEFFS 2015 : Emelie – Babysitter psychopathe façon méli-mélo

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FEFFS 2015 : Emelie – Babysitter psychopathe façon méli-mélo

Film américain de Michael Thelin. En compétition.

Les babysitters psychopathes courent les rues. La votre est gentille ? Méfiez vous en. Elle pourrait être du genre d’Emelie.

Un couple fête ses 13 ans de mariage, et embauche une babysitter… qui se fait enlever et remplacer par une autre. Cette autre, un rien cinglée, va prendre la place de la jeune fille américaine parfaite pour assouvir ses fantasmes bizarroïdes, teintés de traumatismes psychologiques tragiques. Son arrivée et sa méchanceté donnent presque l’impression qu’elle sort d’un conte de fée. C’est d’ailleurs en prétendant aller coucher le plus jeune bambin qu’elle  raconte son histoire comme un conte, par un cahier truffé de dessins glauques.

Ce n’est pas seulement une babysitter qui chercherait à tuer ou à séquestrer. Elle cherche plutôt à pervertir ce qu’elle touche. D’où une posture difficile à comprendre : en mal de maternité (on ne vous dit pas pourquoi pour éviter un maximum de spoilers) elle a pourtant le besoin vicieux de pourrir les liens familiaux. Une attitude paradoxale… ce besoin absolu d’être mère pourrait-il seulement s’incruster sur les jeunes garçons et exclure tout le reste ? Cela demenderait une analyse psychologique que nous n’avons pas envie de faire.  Pour vous donner un bon exemple de ses facéties étranges, qui rendent difficilement compréhensible sa névrose, elle fait regarder une sextape de papa maman avec les enfants en guise de pop corn movie.

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Emelie  est donc doublement dérangeant : premièrement parce qu’il joue avec le difficile tabou de la pédophilie ou de la perversion en rapport avec des enfants – que Big Bad Wolves avait réussi à faire, non sans susciter lui aussi quelques débats – mais ne joue pas franc jeu la carte de la babysitter démonesse. Le film cherche à déranger mais s’arrête en cour de route. Non pas pour qu’on prenne son personnage en empathie… mais sans trop que l’on sache pourquoi au juste. On veut choquer mais pas trop. On veut effrayer, mais pas trop non plus. On cherche à faire un conte, mais pas trop non plus. C’est un « un petit peu de tout » adressé à une tenancière velue de self service archaïque servant de la bouffe lyophilisée.

Là le problème d’emprunter des schémas aussi difficiles : où l’on assume, et on va au bout de l’horreur, ou l’on ne s’y aventure pas. Il est encore possible de passer complètement par le voile de la fable pour atténuer les visions effroyables que l’on cherche à faire, comme le film essaye de le faire, avec trop de parcimonie. C’est un film qui essaye de mixer différente posture pour buzzouiller mais qui a du mal à tenir la route (une route, une ligne directrice, ça n’a rien d’un gros mot).

Emelie est pavé de bonnes idées et de bonnes intentions, mais reste toutefois trop classique et trop peu haletant pour s’imposer complètement à notre esprit. Au delà du jugement de valeur, les points forts que nous avons exposés sont trop peu exploités, et avec insuffisamment de rigueur.

Par Jean-Gauthier Martin

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