FEFFS 2015 : Deathgasm – Metal, zombies et tronçonneuses.

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FEFFS 2015 : Deathgasm – Metal, zombies et tronçonneuses.

Film néo-zélandais de Jason Lei Howden. Midnight Movies.

Un film d’horreur sur le metal ? Le genre d’idées qui me donneraient envie de signer tout de suite et vendre mon âme au diable, si souvent chanté et invoqué dans cette iconographie. On peut néanmoins être fan de ce genre de musique, et de ce genre de films, et ressortir de Deathgasm avec un goût d’inachevé – quoique sulfurique – dans la bouche ou les yeux, si tant est que les yeux puissent être dotés de la gustation. Je laisse à mes amis synesthésistes (s’il y en a) en débattre (si l’on en débat seulement).

L’histoire est simple et assez triviale, comme le genre musical le veut : comprenez par là que je suis bien informé que le metal technique existe. Mais ce pourquoi le metal est si bon, c’est qu’il est le genre musical le plus cathartique dans sa brutalité, et qu’il convoque toute une imagerie faite de dragons, de flammes, de bécanes et de nibards, qui n’a rien à voir avec de la physique quantique. Et le film joue un peu sur ces clichés non pas pour les discréditer mais pour essayer de fédérer les fans du genre autour d’un film de genre. L’histoire donc : une bande de jeunes paumés montent un groupe de metal, et retrouvent dans la baraque d’un grand ponte du metal une partition metal particulièrement badass capable, sans qu’ils s’en rendent compte évidemment, de réveiller les démons qui aiment le metal. Vous trouvez que le terme metal est trop employé ?

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Le défaut probable du film est simple : il fait un peu dans le fan service (de moyenne facture). Il ne sublime jamais vraiment cette vision du metal comme hygiène de vie. Il ne fédérera peut-être pas tout le monde dans cette drôle de jungle sonore. On reste en effet cantonné à quelques digressions et maigres références . Si les tronçonneuses, les guitares et les loches sont de sortie, on ne peut pas en dire autant de la finesse (on peut être finement lourd et inversement) et du rire.

On sourit, on se marre quelques fois. Mais on est loin des fous rires attendus. Par delà les collines mythiques et heavy du fan service se dessinent l’ombre des gags un peu « téléphonés » et prévisibles, à la manière d’une sitcom, où l’on nous intime de rire à tel ou tel moment. La mayonnaise peine à prendre sur la durée, mais on ne va pas faire les coincés : les maquillages étaient souvent réussis, et quelques scènes sont assez immenses. On résume rarement ce qu’on a vu au cinéma à Mamie Jeannette par un « et puis à un moment les gars tabassent les zombies avec des godes en super slow motion ».

Si vous voulez un film fun autour de votre genre musical favori, et découvrir de nouveaux orifices dans lesquels enfoncer une tronçonneuse… alors Deathgasm est peut-être fait pour vous. Il manquait peut être au film un poil de magie et de finesse pour être indispensable. Gageons toutefois que ça fait bien le boulot pour une bonne séance de minuit entre potes.

Par Jean-Gauthier Martin

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