FEFFS 2014 : Housebound – Comédie et maison hantée

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FEFFS 2014 : Housebound – Comédie et maison hantée

Film néo-zélandais de Gerard Johnstone

 

Les films de genre qui sont présentés au FEFFS ne sont pas exclusivement constitués d’un ramassis sordide de sécrétions sanguinolentes diverses et variées. Non, le genre du film d’horreur, et on le sait depuis belles lurettes, permet aussi de se remettre en question lui-même, à travers des films qui déjouent les attentes et les codes des productions que l’on est habitué à voir. Et c’est justement le cas de Housebound.

Rien de bien compliqué dans le scénario, et on vous le donne en mille : Kylie, une jeune fille un brin rebelle et camée, mais aussi un peu délinquante, se fait bêtement attraper alors qu’elle essaye de braquer un distributeur automatique de billets avec un branque dont on ne saura pas plus. Tous les programmes de remise à l’épreuve pour jeunes en difficulté n’ont pas portés leurs fruits, aussi le juge décide-t-il de l’assigner à résidence chez sa mère. Problème : il s’agit d’une maison hantée.

On se pose des questions quant à la nature de l’esprit qui habite les lieux. Kylie se moque surtout des superstitions de sa mère, et attribue à des illusions enfantines des expériences un peu étranges qu’elle a pourtant vécues. Force est de constater, à force de squatter à la maison en regardant la télévision – avec une certaine monomanie absurde et délicieuse pour des programmes qui parlent de montres, omniprésentes dans le film – que ses craintes sont en fait fondées.

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Son agent de probation, chargé de bien s’assurer qu’elle ne peut pas quitter sa maison, est une sorte de couteau suisse humain un peu tocard : expert en ectoplasme du dimanche, ce Pierre Richard au crâne tondu, n’a de cesse de râter tout ce qu’il entreprend, et même de changer perpétuellement d’avis, au point d’en devenir, sinon inquiétant, vraiment attachant et hilarant.

Housebound, s’il propose un panel de scènes plutôt cocasses – avec notamment une scène d’explosion de tête qui a soulevé quelques applaudissements dans la salle (d’où vient cette passion morbide pour les headshots?) – on ressort de la séance sans trop savoir quoi en penser. Si la maîtrise des codes des films de maison hantées est bien présente, l’ensemble du film semble peiner à décoller vraiment. Pour être plus précis, l’action du film est globalement lente, et manque peut-être d’un grain de folie supplémentaire pour se targuer d’être un film aussi indispensable que le serait un Evil Dead 2 ou un Cabin in the Woods. On sent dans le film, même s’il est franchement axé dans le côté du comique, une volonté de raconter malgré tout une histoire, plutôt que de se contenter de déballer un tronçon ininterrompu de scène what the fuck.

Drôle, mais peut-être un peu sage, Housebound reste une comédie horrifique d’assez bonne facture, qui aurait mérité d’oser un peu plus aller dans le délirant. On en retiendra tout de même deux ou trois scènes qui vont au delà de ce que l’on a pu dire de négatif à son propos, dans une fraîcheur qu’il aurait été peut-être préférable de ne pas restreindre.

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Par Jean-Gauthier Martin



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