Du 10 avril 1912 à 12h15 au 15 avril 1912 à 2h20.

Du 10 avril 1912 à 12h15 au 15 avril 1912 à 2h20.

Lecteurs du jour, bonjour, lecteurs du soir, bonsoir!

“ça s’est passé il y a 84 ans, et je sens encore l’odeur de la peinture fraîche. Personne n’avait encore dormi dans les draps, la porcelaine n’avait encore jamais été utilisée. Le Titanic était surnommé le paquebot de rêve, et il l’était, il l’était vraiment…” Rose DeWitt Bukater.

Les puristes auront reconnus. Titanic. C’est d’ailleurs à ce moment que le film commence vraiment. Bon, moi, ça ne m’empêche pas de pleurer dès la scène d’ouverture où il ne se passe pourtant strictement rien, mais je l’avoue, je suis extrêmement bon public. Trop, peut être. Par exemple, un épisode de Cold Case, il y a une chance sur deux pour que je pleure à la fin.

BREF.

Toujours n’est-il pas que:

Titanic est ressorti au cinéma. Ehhhh oui. Je sais, ça date du mois d’avril dernier, mais mieux vaut tard que jamais.

J’avoue, à l’idée qu’on retouche à Titanic, j’étais pas hyper motivée. Surtout en 3D. Si vous avez vu le dernier Pirates de Caraïbes, vous me comprenez. Même Johnny Depp est moins cool en 3D. Et faut le faire. Du coup, ils lui avaient rajouté quinze dents en or de plus, plus de dreads qu’un Marley (vivant ou mort). C’était traumatisant, comme expérience. Passons.

Et comme toujours, j’ai changé d’avis. Parce que passer trois heures, quatorze minutes au chaud dans un fauteuil avec Jack en grand écran, en fait… si.

Le pourquoi du phénomène Titanic:

” Je n’abandonnerai jamais, Jack.” 

Parce que c’est LA plus belle histoire d’amouuuuuuuuuur qu’on ait vu au cinéma. Et je ne plaisante pas.

À ce moment-là du film, si vous êtes normalement constitué, j’entends, si vous êtes une fille, vous avez déjà éclusé deux paquets de Kleenex. Et vous rêvez d’avoir un jour à portée de bras un amoureux ou une amoureuse digne de ça, bordel. C’est à ce moment-là aussi que vous vous serrez encore un peu plus fort dans les bras de la dite personne, si vous avez réussi à la forcer à regarder le naufrage avec vous. Sinon, vous êtes en train d’étouffer sans vous en rendre compte votre chat, qui lui, ne comprend pas pourquoi ce regain d’affection soudaine alors que vous avez oublié de lui filer ses Friskies à heure fixe. Ou alors, vous êtes en train de rattraper un cours, yogging, verre de keuka et paquet de chips à l’appui. Le syndrome Bridget Jones, mais ça, j’en parlerai plus tard, si je m’en souviens.

” Quand on a rien, on a rien à perdre.”

Parce que  Jack Dawson, c’est Jack Dawson. Que ça a été notre première révélation masculine de toute notre vie de pécheresse hormonale œstrogénique. Jack. Sa capillarité de jeune minet, son maquillage entre le orange et le rose UV, ses phrases cultes, sa façon de danser dans les bas fonds du paquebot (Travolta, tu sors), ses dessins (Hergé, va te rhabiller), sa bravoure (moi je n’aurai pas laissé une rousse et une hache ensemble, ça ne fait pas bon ménage, ces choses-là) et sa résistance temporaire à l’eau congelée… On en rêve encore toutes. C’est le seul Hibernatus qu’on aimerait bien rencontrer. Ah oui, là, il est quand même resté un moment dans le congélateur, le garçon. Leonardo DiCaprio aura beau enchaîner tous les rôles de tarés à la Shutter Island qu’il voudra, il restera toujours Jack Dawson.

Parce que depuis, nous avons certes rencontré d’autres Hommes De Ma Vie (concept déposé), Ryan (Gosling), James (Franco), Daniel (Craig), Hayden (Christensen), Brad (Pitt), Louis (Garrel), Bradley (Cooper), Jude (Law) et certains autres, mais que personne n’a remplacé dans nos cœurs de gamines romantiques le Jack. Pas même Jack Daniel’s.

“Qu’est ce que vous êtes, un artiste, peut être?”

Parce que les répliques, les scènes, les gens sont cultes. J’en connais qui connaissent des scènes entières de Titanic par cœur. Tu enlèves le son, elles te font les sous titres. À ce niveau-là de connaissance de l’œuvre, c’est du théâtre étudiant subventionné.

On notera par exemple la présence sur deux scènes de Victor Newman himself, c’est dire s’il est vieux, LE symbole des Feux de l’amour. D’accord, il ne sert à rien, mais il est au générique.

L’orchestre qui joue jusqu’à 2h17, soit trois minutes avant la plongée en apnée du paquebot (record mondial non validé par la fédération, je ne comprends toujours pas), c’est magnifique. Un peu con, mais le principe est magnifique. ça, c’est de l’investissement dans son travail, bordel. Je suis sûre qu’en plus, ils ne devaient même pas toucher les allocs, les pauvres.

Parce qu’on a pas fait mieux depuis, en film catastrophe. Et je parle en experte. Du film, du téléfilm à la petite semaine, j’en ai vu. J’en ai fait, des samedis après midi, des vacances de Noël, à attendre la catastrophe finale. J’ai vu des naufrages, des avions qui s’écrasent (bon, prix du jury pour le 9/11, tout de même, c’était vachement bien scénarisé, et un effet de surprise comme ça, c’est rare), des abeilles tueuses, des virus mortels transmissibles, mais du aussi bien que le Titanic, jamais. 2012 le film, je me suis endormie au milieu, et réveillée au générique. Contagion, j’ai cessé d’admirer Jude au moment où j’ai vu qu’ils lui avaient mis des dents de travers. Enfin, Jude Law n’a pas les dents de travers, quand même! Pourtant, il y avait Kate, c’était bien essayé. Mais pas crédible. Elle meurt avant la fin. T T T. Kate ne meurt pas. Kate survit à tout.

“Pour que ce jour compte.”

Parce que c’était le début pour nous d’une longue série de visionnages de films niais. Du Lol, du Dirty Dancing, nous en avons vu. Mais quand retentit la corne de brume québécoise, un tic nerveux nous prend. Et hop, play. Je pense très sérieusement qu’on peut parler de génération féminine Titanic.

Les petits trucs en plus que ça peut être canon de placer en conversation pour faire genre on est cultivé (on peut l’être en vrai aussi, hein) :

– Vous vous souvenez sans doute de Gloria Stuart, la dame de 87 ans qui jouait la version âge canonique de Rose. Elle a fini par décéder, comme son personnage, à 100 ans en 2010. Je ne peux m’empêcher de penser à cette réplique :

      « – Si elle avait survécu, elle aurait plus de 100 ans maintenant. Et 101 an le mois prochain.
– D’accord, alors c’est une putain de très vieille menteuse. »

– Ce film est un record à lui tout seul. Nominé pour 14 récompenses possibles et imaginables aux Oscars, il en décroche 11. Excusez du peu. Il n’y a que Ben Hur et Le Seigneur des anneaux : le retour du roi qui ont fait aussi bien.

– La très fameuse et très célèbre réplique de Jack en proue du bateau n’est en fait qu’un réchauffé. « Je suis le roi du monde ! » Oui, celle-ci. Elle est déjà présente dans Point Break, lorsque notre ami Keanu Reeves s’essaye au surf nocturne. Point Break (1991), film réalisé par… Kathryn Bigelow, à l’époque épouse de James Cameron, réalisateur de Titanic. Les bonnes répliques restent en famille.

– En France, c’est 20 758 887 entrées. C’est tout. Quand je pense que le deuxième au box office français est Bienvenue chez les ch’tis, ça me donne la nausée. Avec ce nombre d’entrées-là, autant dire que tout le monde l’a vu, surtout après les multiples rediffusions télévisuelles. Et si vous fouillez bien chez vous, vous trouverez forcément la VHS, le DVD. Eh oui. Même dans la Creuse, on a vu Titanic. Et pourtant, dans la Creuse, ils n’ont pas encore vu La grande Vadrouille. C’est dire.

– Y a certainement des trucs à dire des effets spéciaux, mais j’y connais que dalle. Par contre, je peux vous dire que c’est James Cameron lui même qui a fait les dessins de Jack. Lorsqu’il dessine, c’est d’ailleurs ses mains que l’on voit à l’oeuvre.

– Au casting, on a bien failli avoir Gwyneth Paltrow, et Macaulay Culkin dans les rôles titres. Ouf, on a échappé au pire.

Voilà. C’est la fin. Guimauves, niaises de ce monde, vous le savez. Jack vivra toujours dans nos cœurs.

“On est les fils de pute les plus chanceux du monde!”

Rizzo Andretti



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